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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:52

 

 

 

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SORTONS DE L'ERE DU NUCLEAIRE!

 

QUEL MONDE LEGUERONS NOUS A NOS ENFANTS?

 

 

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Japon... Il y a quelques heures, explosion à Fukushima...

 

Japon : comment le discours du gouvernement francais a evolue.

 

 LeMonde.fr, 14/03/11, 19h31 Alexandre Piquard

 
Eric Besson, le ministre charge notamment de l'energie, a finalement juge, lundi 14 mars, que la situation dans les centrales japonaises est "preoccupante" et convient que l'hypothese d'une "catastrophe nucleaire" n'est plus a exclure.
A chaud, au lendemain du seisme de vendredi, le ministre avait denonce ceux qui voulaient sonner le "tocsin" et tenaient un discours juge catastrophiste. Sa sortie avait ete immediatement denoncee, notamment par les ecologistes et le Parti socialiste. En trois jours, le ton du ministre a change au gre des evenements.
 
Samedi : "pas une catastrophe nucleaire"
"Ca n'a rien a voir avec Tchernobyl", lance Eric Besson au lendemain du tremblement de terre suivi d'un tsunami qui a frappe le Japon et mis a mal la securite des installations nucleaires nippones, avec une premiere explosion signalee a la centrale de Fukushima Dai-Ichi. Il precise qu'a "ce stade et selon les informations dont on dispose, [on est en presence] d'un accident grave mais pas une catastrophe nucleaire".
Plus tard, lors d'une conference de presse a laquelle assistent des dirigeants d'Areva et d'EDF, ainsi que la secretaire d'Etat a l'ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, il appelle "a ne pas sonner un tocsin qui n'existe pas a l'heure ou l'on parle", dans une allusion aux ecologistes. "La question nucleaire n'est qu'une petite partie, certainement pas la plus importante de ce drame qui a frappe le Japon", ajoute Eric Besson.
Il insiste aussi sur la surete du nucleaire francais : "Toutes les centrales francaises ont ete concues en integrant le risque sismique et le risque inondation", dit-il. Excluant un risque pour les populations des territoires d'outre-mer, Nathalie Kosciusko-Morizet estime que la France va s'efforcer de "comprendre, evaluer ce qui est en train de se passer au Japon".
Les premieres sorties d'Eric Besson declenchent une salve de riposte chez les ecologistes et les socialistes. "Oser dire que les accidents nucleaires ont ete penses, integres dans la construction de nos centrales nucleaires francaises est scandaleux, c'est insultant", lance Eva Joly dimanche, soulignant le fait que le personnel japonais est "hautement qualifie". "Denoncer, comme vient de le faire, le 'catastrophisme' de ceux qui s'inquietent des consequences des accidents nucleaires au Japon n'est pas responsable de la part d'un ministre", juge le PS.
 
Dimanche : "pour l'instant, le risque majeur (...) est maitrise"
"Le risque majeur, [c'est celui d'] une explosion du cœur du reacteur, et la ce serait une catastrophe nucleaire ; pour l'instant, ce risque n'existe pas ou plus exactement il est maitrise par les autorites japonaises et par l'operateur japonais", explique Eric Besson sur Europe 1, dimanche. "Pour l'heure, il faut rester prudent, le cœur du reacteur et son enveloppe n'ont pas cede", ajoute-t-il. Sur BFM-TV, il regrette de n'avoir que des "informations fragmentaires".
Eric Besson evoque les degazages faits par les Japonais, precisant : "Ils acceptent de laisser partir dans l'atmosphere (...) de la vapeur faiblement radioactive pour proteger ce qui est le plus sensible, le cœur du reacteur." Deja, le ministre doit repondre de ses propos juges trop rassurants la veille : il affirme qu'il n'est "pas la pour attenuer quoi que ce soit". "Si c'etait tres inquietant, je le dirais de la meme facon, assure-t-il. Si aujourd'hui se produisait la catastrophe nucleaire que tout le monde redoute, il faudrait le dire". Il martele cependant a l'attention de ses detracteurs : "Je ne suis pas pour sonner le tocsin avant que quelque chose de tres important se soit produit."
Plus tot dimanche, le premier ministre, Francois Fillon, est intervenu pour faire savoir que la France allait "tirer les enseignements utiles des evenements japonais". Tout en precisant que la France avait toujours "privilegie le maximum de securite pour ses centrales". Nathalie Kosciusko-Morizet affirme, elle, dans un debat sur BFM TV, que "l'electricite nucleaire bien maitrisee reste une bonne energie".
 
Lundi : "la situation est preoccupante"
Apres deux explosions dans des reacteurs au Japon, le ministre estime que le scenario d'une "catastrophe" n'est pas inenvisageable : "On ne peut pas l'ecarter, absolument." Le fond du propos reste proche de celui de la veille mais le ton semble moins rassurant : "La situation est preoccupante", dit notamment le ministre.
Selon M. Besson, les responsables japonais ont procede a des degazages "relativement importants", avec des risques de contamination pour les populations a proximite des sites, dans le but de faire chuter la pression et proteger l'enceinte de beton qui recouvre le reacteur. "Tant qu'elle tient, cette enceinte de beton, on est dans un accident nucleaire grave puisqu'il y a eu des fuites radioactives mais on n'est pas dans une catastrophe". "La catastrophe, ce serait la fusion du reacteur et surtout la rupture de cette enveloppe qui enserre le reacteur", precise-t-il. Sur le plan politique, Eric Besson estime que le debat, que les ecologistes veulent rouvrir, est "permanent" mais aussi "legitime". Un ton qui apparait moins polemique que celui des jours precedents.
En fin de journee, Nathalie Kosciusko-Morizet participe a une reunion des ministres europeens de l'environnement. Son intervention confirme que desormais, au sein du gouvernement, on semble accepter la necessite d'envisager le pire : "Le risque de tres grande catastrophe ne peut etre ecarte" declare-t-elle depuis Bruxelles.

 

 

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Pour un monde meilleur...

 

 

 

 

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La centrale de Fukushima etait une bombe a retardement, Mediapart, 23/03/11

Michel de Pracontal
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Dissimulation, negligence, mepris des avertissements : les ingenieurs de Tepco, l’exploitant de la centrale sinistree, ont ignore le B.A BA de la surete.
Que se passe-t-il vraiment a la centrale nucleaire de Fukushima Daiichi ? Alors que Tepco multiplie les annonces rassurantes, toute une serie de signaux alarmants contredisent l’optimisme affiche par l’exploitant : hausse de temperature sur deux reacteurs, degagements de fumee, niveau de radiations tres eleve sur le site qui empeche les travailleurs d’effectuer les operations prevues. Sur le reacteur n°2, un debit de dose tres eleve de 500 millisieverts a empeche les techniciens de remplacer une pompe afin de restaurer le systeme de refroidissement.
Les reacteurs sont actuellement toujours refroidis par des injections d’eau de mer, ce qui entraine des depots de sel corrosifs. Mais il n’a toujours pas ete possible de reconstituer une reserve d’eau douce, et le raccordement d’une ligne haute tension n’a jusqu’ici pas change significativement la situation. Tepco n’indique pas comment elle compte faire fonctionner des equipements arroses depuis plusieurs jours, qui risquent d’etre mis en court-circuit sitot connectes.
Mardi, l’AIEA, l’Agence internationale de l’energie atomique, s’est inquietee de la penurie d’informations en provenance de l’exploitant et de l’autorite de surete japonaise. « Nous continuons de voir des radiations sortir du site, et la question est de savoir exactement d’ou elles proviennent », a declare James Lyons, un dirigeant de l’AIEA, cite par Reuters, lors d’une conference a Vienne. Un autre representant de l’AIEA, Graham Andrew a precise que l’Agence n’avait pas d’information sur « l’integrite du confinement du reacteur n°1 », alors que la temperature de la cuve a depasse la limite de 302 °C prevue par le constructeur, atteignant brievement 400 °C.
La communication de Tepco rassure d’autant moins que la firme a un long passe de dissimulation et de fraude concernant les questions de surete. En 2002, un scandale retentissant a provoque la demission des principaux dirigeants de Tepco apres que l’on eut decouvert que l’entreprise avait falsifie des rapports d’inspection pour dissimuler diverses defaillances sur les reacteurs (voir l’article de Mediapart « les mensonges de Tepco »). Or, cet episode, deja assez edifiant, n’etait pas un cas isole. L’histoire de l’ingenieur Mitsuhiko Tanaka, revelee par l’agence Bloomberg, fournit une autre illustration de la conception tres particuliere de la surete qui prevaut dans certaines entreprises du secteur nucleaire japonais.
En 1974, Tanaka supervise la construction de la cuve du futur reacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi. Cette cuve est fabriquee par Hitachi et son cout est estime a 250 millions de dollars. Or, au cours de la derniere etape du processus de fabrication, d’une duree de deux ans et demi, une erreur technique provoque un gauchissement de la paroi de la cuve. Cette malfacon aurait du, si l’exigence de surete avait prevalu, conduire a sacrifier la cuve defectueuse.
Au lieu de cela, Tanaka se vit demander par son patron de la refaconner, de maniere a masquer le defaut. Il effectua une douzaine de visites nocturnes a un centre IBM pres d’Hiroshima afin d’utiliser un super-ordinateur pour faire les calculs necessaires a son operation de camouflage. « J’ai fait economiser des milliards de yens a la societe... Je me sentais un heros », raconte Tanaka, qui aurait recu un bonus de 3 millions de yens en recompense de son action.
Par la suite, l’ingenieur a eu des remords et, apres l’accident de Tchernobyl, il a quitte l’industrie nucleaire. En 1988, Tanaka a signale le probleme de la cuve de Fukushima au ministre du commerce japonais, avant de raconter l’histoire dans un livre intitule Pourquoi le nucleaire est dangereux. D’apres le porte-parole de Hitachi, la societe japonaise a eu une discussion avec Tanaka en 1988, mais a conclu que la cuve defectueuse ne posait pas de probleme de securite. On ne sait pas si l’autorite de surete japonaise a mene une enquete a la suite des revelations de l’ingenieur. Quant a Tepco, la societe n’a pas de commentaire... Il se trouve qu’au moment du tremblement de terre du 11 mars, le reacteur n°4 etait a l’arret. « Ce reacteur n°4 etait une veritable bombe a retardement, observe Tanaka. Qui sait ce qui se serait produit s’il avait ete en service au moment du seisme ? »
Si l’affaire du reacteur n°4 est ancienne, l’histoire de Tepco montre la repetition reguliere d’episodes similaires. L’affaire des rapports falsifies qui ont fait scandale en 2002 concernait une trentaine d’incidents survenus dans les annees 1980-90. Un dirigeant de la firme, Hiroyuki Kuroda, a redige en 2004 un rapport intitule « La lecon du scandale nucleaire de Tepco ». Cette lecon a ete scrupuleusement ecrite et tout aussi scrupuleusement ignoree, comme l’illustre le temoignage, cite par Bloomberg, de l’expert independant Mycle Schneider, en visite a Fukushima en 2005, devant une assemblee de notables et d’experts locaux :
« J’ai averti Eisaku Sato, gouverneur de Fukushima a l’epoque, du danger qu’il y avait a laisser du combustible use s’accumuler dans les piscines de refroidissement sur les sites des centrales nucleaires (il y a deux centrales dans la prefecture, Fukushima Daiichi et Daini). Il sembla etre le seul a m’ecouter. Mais il etait clair qu’il y avait la d’autres personnes qui savaient mieux que tout le monde et dont l’arrogance est caracteristique de l’industrie nucleaire. »
Rappelons que les piscines de quatre reacteurs de la centrale, qui contiennent de grandes quantites de combustible, ont necessite des arrosages massifs depuis une semaine, et continuent d’etre un element de risque important. De longue date, les agents de Tepco ont stocke a Fukushima Daiichi plus d’uranium que la quantite prevue au moment de la conception de la centrale.
Un tsunami maximum de 5,7 metres
Plus recemment, Tepco a presente, lors d’un symposium tenu en novembre 2010 a l’Institut de technologie de Niigata, un document intitule « Evaluation des tsunami pour les centrales nucleaires au Japon ». Il s’agit d’une etude demontrant la parfaite securite des centrales nucleaires nippones grace a une methode de simulation hautement scientifique qui conduit a estimer la hauteur maximale d’une vague de tsunami a Fukushima, et par consequent celle des murs de protection. La hauteur limite trouvee par les experts est 5,7 metres. Celle observee dans la realite, le 11 mars, etait 14 metres... soit plus du double de la prevision des experts.
Certes, l’erreur est humaine, mais quand elle se repete systematiquement, il ne s’agit plus vraiment d’erreur. Des 2006, le sismologue Ishibashi Katsuhiko avait averti le gouvernement et les experts nucleaires que les centrales japonaises etaient trop vulnerables aux seismes. Personne ne l’a ecoute et certainement pas les ingenieurs de Tepco qui ont laisse en service une centrale mal protegee, avec des equipements trop anciens.
Un mois avant la catastrophe du 11 mars, les autorites nucleaires japonaises ont renouvele pour dix ans l’autorisation de fonctionnement du reacteur n°1 de Fukushima Daiichi. Or, cette autorisation a ete accordee malgre la presence de defauts sur les generateurs de secours. Ceux-la memes qui sont tombes en panne au moment du tsunami.
Mitsuhiko Tanaka, l’ingenieur qui avait maquille le defaut de la cuve en 1974, a declare au New York Times : « Il etait temps de remplacer ce reacteur. Le tsunami aurait de toute facon cause de gros degats. Mais les tuyaux, la mecanique, les ordinateurs, l’ensemble des reacteurs sont vieux, et cela n’a pas aide. » Cerise sur le gateau – si l’on ose dire –, Tepco a admis n’avoir pas inspecte certains equipements lies aux systemes de refroidissement, lesquels font cruellement defaut aujourd’hui.
Rien ne demontre aujourd’hui que la survenue de la catastrophe ait change les habitudes et les modes de raisonnement des ingenieurs de Tepco. L’entreprise japonaise persiste a mettre l’accent sur le raccordement electrique de ses reacteurs, et a affirmer qu’elle va remettre en service les circuits de refroidissement, alors que selon toute probabilite il est trop tard pour le faire. Elle continue a ne pas divulguer d’informations precises sur l’etat exact de la centrale et tente toujours de faire croire qu’elle maitrise la situation, alors que les signes de rejets massifs se multiplient a l’exterieur.
Depuis mercredi, les habitants de Tokyo, a 250 kilometres de la centrale, ne peuvent plus faire boire l’eau du robinet a leurs bebes, en raison de la presence d’iode radioactif. Chaque jour, les habitants de la region de Fukushima decouvrent de nouvelles consequences de l’accident, de nouvelles preuves du fait qu’ils ont vecu pendant des decennies avec une bombe a retardement a la porte de chez eux.
 
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 3- Point de vue. C'est le mythe du progres et de la securite qui est en train de s'effondrer, LeMonde.fr, 25/03/11, 09h29
Ulrich Beck, sociologue allemand
 
Parler de "societe du risque mondialise", c'est parler d'une epoque au sein de laquelle la face obscure du progres determine de plus en plus les controverses sociales. Que les plus grands dangers viennent de nous n'a d'abord ete une evidence pour personne, et on l'a conteste ; or c'est un fait qui est en train de devenir la force motrice de la politique. Les dangers nucleaires, le changement climatique, la crise financiere, le 11-Septembre, etc. Tout cela s'est produit conformement au scenario que je decrivais il y a vingt-cinq ans, avant meme la catastrophe de Tchernobyl.
A la difference des risques industriels des epoques passees, ceux d'aujourd'hui ne connaissent pas de limites, qu'elles soient geographiques, temporelles ou sociales ; aucune des regles en vigueur ne permet de les imputer a quiconque, tant en termes de causalite que de faute ou de responsabilite ; enfin ils ne peuvent etre ni compenses, ni assures. La ou les assurances privees renoncent a proteger – et c'est le cas pour l'energie nucleaire comme pour les nouvelles technologies genetiques – la frontiere entre risques calculables et dangers incalculables ne cesse d'etre franchie. Produits par l'industrie, ces dangers potentiels sont en outre externalises par l'economie, individualises par le droit, legitimes par la technologie et minimises par les politiques. Bref : le systeme de reglementation qui doit assurer le controle "rationnel" de ces potentiels d'autodestruction en marche vaut ce que vaut un frein de bicyclette sur un jumbo-jet.
Mais ne faut-il pas distinguer Fukushima de Tchernobyl ? Les evenements qui se deroulent au Japon sont en effet issus d'une catastrophe naturelle et le potentiel de destruction qui y est a l'œuvre n'est pas la consequence d'une decision humaine, mais d'un tremblement de terre et d'un tsunami.
 
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Des risques lies a la decision
La notion de "catastrophe naturelle" permet en effet d'indiquer ce qui n'a pas ete cause par l'homme et dont il ne saurait etre tenu, par consequent, pour responsable. N'est-ce pas la toutefois une vision qui appartient aux siecles passes ? En lui-meme, ce concept est deja faux, puisque la nature ne connait pas de "catastrophes", tout au plus des processus soudains de transformation. Des transformations telles qu'un tremblement de terre ou un tsunami ne deviennent des "catastrophes" qu'en reference a la civilisation humaine. Par ailleurs, la decision de construire des centrales nucleaires sur des zones sismiques n'est surement pas un evenement naturel – c'est une decision politique qu'il a fallu justifier en tenant compte des exigences de securite dues aux citoyens, et qu'il a fallu imposer a ceux qui s'y opposaient. En ce qui concerne non seulement la construction des usines nucleaires, mais egalement celle des immeubles de grande hauteur, et meme le plan d'urbanisme dans son ensemble s'agissant d'une metropole internationale comme Tokyo (ce qui n'exclut pas les villes plus petites), les pretendues "catastrophes naturelles" se transforment en risques lies a la decision ; ceux-ci sont donc – au moins en principe – imputables a des decideurs. Ce que l'actualite japonaise permet de bien percevoir c'est a quel point ce qui est imputable a la nature et ce qui l'est a la technique et aux competences humaines sont directement enchevetres l'un a l'autre.
De maniere tres generale : on parle de "catastrophes naturelles" et de "dangers pour l'environnement" a un moment de l'histoire ou n'existe precisement plus quelque chose comme une "pure nature" que l'on pourrait opposer a la technique et a la societe. Ce que l'un – disons l'industrie chimique – pollue et que l'on appelle alors "environnement" est tout bonnement ce que l'autre – disons l'agriculture, le tourisme ou la peche – a a offrir sur le marche.
L'industrie nucleaire a appris quelque chose du mouvement ecologiste : dans la course au refoulement des risques majeurs, on peut ne plus nier le "risque residuel" – et on s'emploie a gagner un coup d'avance en noircissant les solutions concurrentes. Dans la surenchere des apocalypses possibles, la mise en scene publique des risques donne lieu a un jeu differe : plus je noircis le concurrent et plus j'eclaircis du meme coup ma propre noirceur – jusqu'a la faire blancheur. C'est ainsi, paradoxalement, que l'aggravation du changement climatique a ouvert de nouveaux marches mondiaux aux centrales nucleaires.
La reponse aux risques modernes se trouvait dans l'assurance comme "technologie morale" (Francois Ewald). Nous pouvions ne plus etre necessairement asservis a la providence et aux coups du destin. Le rapport a la nature, au monde et a Dieu changeait : desormais, nous etions responsables de notre propre malheur, tout en disposant en principe des moyens d'en compenser les consequences. C'est ainsi en tout cas qu'a fonctionne le mythe de la "vie assuree", triomphant depuis le XVIIIe siecle dans tous les domaines.
Il a reussi effectivement a faire que les anciens risques de l'epoque industrielle ont ete l'objet d'un consensus du fait qu'ils reposaient sur une sorte de suivi de precaution (incendie, assurance, prises en charge psychologique, medicale, etc.). Or si nous sommes choques a la vue des images de desolation qui nous viennent du Japon, cela tient aussi a l'intuition, entre chiens et loups, dont elles s'accompagnent : il n'existe aujourd'hui aucune institution, ni reelle ni meme simplement concevable, qui soit preparee au "plus grand accident raisonnablement previsible", aucune institution, par consequent, qui puisse, a cette fin des fins, garantir l'ordre social et la constitution culturelle et politique.
Bien des acteurs, en revanche, se specialisent dans le deni du danger, desormais possible. En effet a la securite par le suivi de precaution s'est substitue le dogme sacre de l'infaillibilite. Chaque pays – en particulier naturellement la France, l'expert nucleaire Sarkozy sait bien cela – a le parc de centrales le plus sur du monde ! Les gardiennes du dogme, ce sont la science et l'economie nucleaires, celles-la memes que l'on vient de prendre, sous les feux de l'espace public mondial, en flagrant delit d'erreur. A l'epoque des evenements de Tchernobyl (1986), Franz-Josef Strauss pretendait que seuls les reacteurs nucleaires "communistes" etaient susceptibles d'exploser – sous-entendu : l'Occident capitaliste developpe dispose de centrales beaucoup plus sures. Mais les avaries d'aujourd'hui se sont produites au Japon, pays high-tech, qui passe pour le mieux equipe et le plus securise possible. La fiction selon laquelle, en Occident, nous baignerions dans la securite, a vecu. La simple question : "Que se passerait-il, si jamais…?" tombe dans le vide d'une absence de precaution. Aussi la stabilite politique dans les societes du risque ne tient-elle qu'a cette autre stabilite : se donner des raisons de ne pas envisager le probleme.
En tout cas, ce mythe de la securite de la rationalite technique est en train d'exploser aux yeux du monde entier, dans toutes les salles de sejour, avec les evenements dramatiques de Fukushima. Quelle signification peut donc encore avoir une securite fondee sur la probabilite – et avec elle une analyse du risque fondee sur la technique et les sciences de la nature – quand il s'agit d'estimer l'accident le plus grave rationnellement previsible, quand sa survenue laissera bien sur la theorie intacte, mais aura annihile toute vie ? Ce qui conduit a cette autre question : a quoi bon un systeme juridique qui reglemente dans le moindre detail les petits risques techniquement negociables, mais use de son autorite pour legaliser et faire supporter comme "risque residuel" acceptable des dangers majeurs qui menacent la vie de tous ?
C'est a la "girouette de l'atome" – figure assez bien incarnee par la chanceliere Angela Merkel – qu'on appreciera le dilemme d'une politique pro-nucleaire. Comment une autorite politique peut-elle se maintenir quand il lui faut aller au devant de la conscience que ses electeurs ont des dangers en leur tenant des propos energiques sur leur securite, et se mettre du meme coup en situation permanente d'accusee virtuelle possible, sa credibilite dans son ensemble etant remise en cause au moindre signe de catastrophe ?
Que ce qu'il reste d'espoir au Japon reside precisement dans l'intervention des "forces d'autodefense", chargees de se substituer a un systeme de refroidissement defaillant en larguant de l'eau de mer depuis des helicopteres, est plus qu'ironique – auto-defense ou defense contre soi-meme ? Hiroshima fut effroyable – l'horreur absolue. Mais du moins etait-ce l'ennemi qui avait frappe. Que se passe-t-il quand l'effroi provient de la zone productive de la societe – et non de militaires ? Ceux qui mettent aujourd'hui la nation en peril, ce sont les garants du droit, de l'ordre, de la rationalite, de la democratie elle-meme. Quelle politique industrielle aurait-il fallu defendre, si le vent porteur du dernier espoir avait tourne et si Tokyo avait ete contaminee ? A quelle crise de la technologie, de la democratie, de la raison, de la societe faudrait-il nous attendre ?
Certains se plaignent de ce que les images traumatisantes qui nous viennent du Japon produiraient de fausses peurs et joueraient d'une "pseudo-science" de l'empathie. Mais c'est meconnaitre avec une totale naivete la dynamique politique inherente au potentiel – generalement sous-estime – d'autodestruction du capitalisme industriel triomphant. Bien des dangers – a l'exemple meme des radiations nucleaires – sont en effet invisibles ; ils se derobent a la perception quotidienne. Il s'ensuit que la destruction comme la protestation ne sont donc exprimables qu'au moyen de symboles. Le citoyen de base, qui, eu egard a des menaces echappant de toute facon aux sens, est culturellement depourvu d'yeux, peut devenir "voyant" grace aux images televisees.
La question de savoir s'il peut exister un sujet revolutionnaire capable de renverser le rapport de forces qui conduit a definir la politique du risque est une question qui tourne a vide (qui definit ce qu'est un risque serieux et ce qui ne l'est pas ? Sur la base de quelles hypotheses cognitives ?). Les mouvements anti-nucleaires, la mediatisation des interventions critiques dans la sphere publique, etc., tout cela ne peut enclencher un retournement de la politique nucleaire – ils n'y parviendront pas en tout cas avec leurs seuls moyens. En fin de compte, s'il existe un contre-pouvoir nucleaire, ce n'est pas tant du cote des manifestants qui bloquent les transports de combustible qu'il faut le rechercher. Le fer de lance de l'opposition a l'energie nucleaire reside… dans l'industrie nucleaire elle-meme.
Le mythe de la securite est en train de se consumer dans les images de catastrophes dont les exploitants nucleaires avaient categoriquement exclu la possibilite. S'il est entendu, justifie, que les gardiens de la rationalite et de l'ordre legalisent et normalisent la mise en danger de la vie, alors les milieux bureaucratiques de la securite promise ont beaucoup de soucis a se faire. Il n'est pas faux, des lors, de dire qu'a la question du "sujet politique" dans la societe de classes correspond, dans la societe du risque, la question de la "reflexivite politique".
Ce serait cependant une erreur d'en conclure que les Lumieres sont entrees dans une nouvelle phase dont l'Histoire, dans sa grande charite, nous ferait l'offrande. On peut aussi preferer estimer, tout au contraire, que la perspective ici esquissee evoque le stratageme de marins qui voudraient evacuer l'eau qui envahit leur navire en percant un trou au fond de la cale.
 
Traduction Christian Bouchindhomme
 
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MARILOU GINGIMBRE - dans AGENDA
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bigel 29/03/2012 02:11

http://fukushima.over-blog.fr/article-message-d-hiroshima-a-l-attention-des-japonais-et-de-tous-les-peuples-du-monde-102275917.html


(source des textes japonais et anglais :
http://ameblo.jp/hibakushaglobal/entry-10902685850.html)

http://www.livre-hiroshima.com/


précisions :

Hashizume Bun auteur du livre : "Le jour ou le soleil est tombé, j'avais quatorze ans à Hiroshima"
Paru en 10/2007

http://www.crdp-nice.net/communication/Semaine_de_la_presse/lejourolesoleilesttomb.pdf



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Message d’Hiroshima à l’attention des Japonais et de tous les peuples du monde

29 mars 2011

HASHIZUME Bun, survivante d’Hiroshima

Je suis une ‘atomisée’ rescapée du bombardement d’Hiroshima. J’habite à Tôkyô. J’ai 80 ans.
Le 11 mars 2011, lorsqu’a eu lieu le Grand Tremblement de Terre du Nord-Est du Japon suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, j’étais en train d’écrire un livre sur le bombardement atomique
survenu soixante-six ans auparavant et sur la vie de la population civile d’Hiroshima avant et après le bombardement. J’avais déjà rédigé la majeure partie de cet ouvrage, mais accablée par la
douleur que provoqua en moi l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai voulu finir la rédaction du dernier chapitre sur le lieu même du bombardement atomique, à Hiroshima, ma
ville natale.

Tard le soir, en foulant le sol d’Hiroshima, je sentais un lourd fardeau peser sur mes épaules et, pendant un temps, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. A chaque fois que je revenais
à Hiroshima, j’avais pour habitude de commencer par me rendre à pied au mémorial pour les morts situé dans le Parc de la Paix et je discutais avec les membres de ma famille qui se trouvent là,
ainsi qu’avec mes amis, ou de simples connaissances, et avec tous ceux qui sont morts ce jour-là dans une horreur qui dépasse l’entendement. Mais cette fois-ci, plutôt que de prier, je leur ai
demandé :
Donnez-moi encore pour un temps la santé,
Donnez-moi de la force,
Dites-moi ce que je peux faire, guidez-moi s’il vous plaît.

Ce jour-là, j’ai été atomisée à 1,5 kilomètre de l’hypocentre de la bombe. J’ai été très gravement blessée et j’ai frôlé la mort mais j’ai pu survivre grâce à l’aide de trois personnes qui m’ont
sauvé la vie.Lorsque nous vivions dans les baraques, je souffrais de maladies fulgurantes dues à la radioactivité telles que, par exemple, de fortes fièvres, des saignements de nez et des gencives,
de terribles diarrhées et vomissements, des taches pourpres sur tout le corps ou la perte des cheveux. Pourtant, là encore miraculeusement j’ai pu survivre. Cependant par la suite et jusqu’à
aujourd’hui, j’ai souffert de nombreuses maladies et il n’est pas un seul jour où j’ai été en bonne santé.

Parmi toutes les maladies, un des maux les plus pénibles est le « chancellement des atomisés ». Cette maladie se manifeste par un état d’épuisement difficilement supportable.Plusieurs fois j’ai
imploré le médecin « Docteur, ne serait-ce qu’une journée ou même une heure, faites-moi me sentir fraîche et légère. » Mais cela ne s’est jamais réalisé. En allant me coucher le soir, je priais
Dieu, « Faites que je ne me réveille pas demain matin. »

Toutes ces maladies étaient dues à l’irradiation interne. Toutes les substances contaminées par la radioactivité que nous avions ingérées, notamment l’eau que nous avions bue, la nourriture ou
l’air, ces substances continuent sans cesse leur réaction à l’intérieur même de l’organisme et bouleversent les gènes. Cela se poursuit jusqu’à la mort.
Finalement, récemment on en parle dans les médias : le césium qui détruit les fibres musculaires serait à l’origine du « chancellement des atomisés », et c’est ici, à Hiroshima, que je l’ai appris
tout dernièrement.
Ceux qui ce jour-là étaient sous la pluie noire, ceux qui sont entrés dans la ville pour venir secourir les victimes ou chercher des proches, mais pas seulement les victimes de la bombe, tous les
atomisés victimes des essais nucléaires, des accidents des centrales, tous ceux-là sont victimes d’irradiations internes.

L’irradiation interne a toujours été sciemment dissimulée. Maintenant, du fait de l’accident de la centrale de Fukushima, enfin, on voit apparaître le terme « irradiation interne », mais on ne voit
quasiment aucune explication précise de ce dont il s’agit.Sans doute parce qu’alors il ne serait plus possible de continuer à développer l’exploitation des centrales nucléaires.

« L’énergie nucléaire est une énergie propre », « l’énergie rêvée » entendait-on à une époque mais, après les accidents des centrales de Tchernobyl et de Three Mile Island, on l’entendait un peu
moins.
Cependant, ces dernières années, beaucoup de pays dans le monde se sont remis à la course à la construction de centrales nucléaires. On a appelé cela « la Renaissance des centrales nucléaires ».
Voyant cette évolution, j’ai alerté sur le fait qu’inévitablement, dans un futur pas bien lointain, il y aurait quelque part sur terre un accident dans une centrale nucléaire.



Cela se produit actuellement dans mon pays et qui plus est, chaque seconde, il y a des fuites ininterrompues de substances radioactives très concentrées. Il n’y a pas de moyen pour stopper cela de
façon sûre et l’on ne peut prévoir quand cette situation critique prendra fin.Au Japon, pays de petite superficie et situé en zone sismique, il y a plus de 50 réacteurs nucléaires. De plus, ils
sont regroupés et établis sur des plaques produisant de nombreux tremblements de terre, régions à faible population.

Par ailleurs, à Fukushima, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, il y a six réacteurs qui forment une chaîne s’enfonçant dans la spirale du danger. En outre, à la centrale numéro 2 de Fukushima
il y a aussi quatre réacteurs qui ont subi des dommages. Après le grand tremblement de terre du Nord-Est, le 15 mars, il y a eu un grand tremblement de terre à Shizuoka. On dit que, dans première
moitié de ce siècle, se produira inévitablement Le Grand Tremblement de Terre du Tôkai et de la Baie de Suruga. C’est là que se trouve l’une des centrales majeures qu’est celle de Hamaoka.

Sur la zone très sismique de la côte de la Mer du Japon, les centrales nucléaires sont nombreuses, en particulier dans la préfecture du Fukui que l’on appelle « le Ginza des centrales nucléaires »
(en référence au quartier très animé et dense de Ginza à Tôkyô).

À la population du Japon,Est-ce une bonne chose que le Japon, victime des bombes atomiques soit devenu le pays coupable d’une telle émission de radioactivité ? Il n’y a plus de temps à perdre.
Agissons pour que soient arrêtées les centrales actuellement en activité. Aux populations du monde entier, je vous en prie, apportez-nous votre soutien. Demandons haut et fort que sur la Terre,
naturellement, il n’y ait plus de construction de centrales nucléaires, mais aussi que l’on stoppe toutes les centrales en activité et que soient reclassés les réacteurs nucléaires.

En tant qu’atomisée de la bombe, j’ai lutté contre le nucléaire au Japon et à l’étranger. Cela parce qu’il y a la menace que la vie sur Terre soit détruite, non seulement par les bombes atomiques
ou les bombes à hydrogène, mais aussi par les centrales nucléaires.
Même lors de leur fonctionnement ordinaire, les centrales nucléaires rejettent de petites quantités de particules radioactives qui contaminent la mer, l’air et le sol. La dangerosité de ces rejets
de particules radioactives en faibles quantités est occultée.

Il n’y a pas que l’être humain qui ait reçu la vie sur Terre. N’est-il pas indécent que l’être humain, pour son propre bénéfice, sacrifie les autres espèces vivantes ? Ouvrir la voie vers une vie
en harmonie avec la nature ne devrait-il pas être la sagesse humaine ?Par ailleurs, nous qui vivons entre le 20ème et le 21ème siècle, nous ne nous sommes vus confier qu’un court laps de temps dans
la longue histoire de l’humanité. Est-ce que nous ne sommes pas simplement supposés passer le relais entre nos aïeux et les générations à venir ?

Nous, les atomisés des bombardements ainsi que les atomisés des accidents des centrales nucléaires et des essais nucléaires, avons souffert toute notre vie ; de même, les atomisés de l’accident de
la centrale nucléaire de Fukushima souffriront désormais sans cesse.

On voit tous les jours dans les médias les gens endurer des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés.
Et en voyant des nourrissons innocents et des enfants ne pas perdre leur vitalité même dans de telles conditions, j’ai le coeur meurtri mais j’y vois en même temps un espoir.La radioactivité est
particulièrement nocive pour les enfants et empêche leur croissance.

La radioactivité ne connaît pas les frontières.
Pour secourir les enfants qui sont l’avenir,
Tous ensemble, dans le monde entier,
Donnons-nous la main et levons-nous contre le nucléaire

MARILOU GINGIMBRE 10/07/2012 19:02



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L'harmonie et la beauté d'un jardin résident dans la diversité de ses fleurs, couleurs et parfums. De la sorte, la beauté de l'humanité réside dans la diversité de ses peuples, de ses couleurs, de ses langues. Telle est la vision des artisans de la paix, pour qui les différences sont une nécessité de vie.


Cheikh Abdoulaye DIEYE ( International Sufi School)






Love will be a colour
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" Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante et traumatisante, elle doit marquer son signe; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture."
Andrée Chédid





' Ecrire, c'est très dur, avec de grandes fenêtres de joie "
Andrée Chédid









" ALLER ME SUFFIT "
René CHAR






Sortie le 5 novembre du dernier livre de Dominique de Villepin: "Le dernier témoin", publié chez Plon.


Né d’une conversation de l’auteur avec le cinéaste Luc Besson, ce conte philosophique rapporte l’histoire du survivant d’un incendie planétaire : un arbre qui prend la parole pour transmettre l’histoire de ce qu’il a connu:

"La Terre a été ravagée par le feu. Tout, désormais, est recouvert de cendres et les rares êtres qui subsistent encore n'ont plus grand-chose d'humain.

Seul indice de la splendeur du monde passé, un arbre règne sur les vestiges d'une ville morte. Il est le dernier témoin de ce qu'a été l'humanité et, au milieu du silence, il prend la parole : dans ce monde perdu, il veut sauver ce qui peut encore l'être, et transmettre leur héritage à ces hommes qui n'en sont plus.

En racontant son incroyable destin - indissociable de l'histoire du monde -, l'arbre va tenter de faire comprendre au peuple de cendres ce qu'est la vie et lui rendre ainsi son humanité."

 

En savoir plus sur la bibliographie de l'écrivain DE VILLEPIN ?

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Parution le 20 Aout 2009 du nouveau roman de Boubacar Boris Diop.


'Les Petits de la Guenon" est la version française "Doomi Goolo "  publié en 2003 par les éditions Papurus de Seydou Nourou Ndiaye. La version française est l'oeuvre des éditions Philippe Rey (France)

Vous trouverez dans ce blog trois articles sur l'écrivain Boubacar Boris Diop... Bonne lecture...












UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT LOUIS



 


CENTRE DE RECHERCHES ET DE DOCUMENTATION DU SENEGAL (CRDS)

 

INVITATION

 

 

La Directrice et le personnel du CRDS vous convient à la conférence sur « De l’actualité de la réflexion philosophique », animée par Monsieur Amadou Alpha SY, Ecrivain, professeur de philosophie Conseiller Pédagogique au Pôle de Formation de Saint-Louis.

 

Mercredi 3 juin 2009 à 15h 30

Lycée Ameth FALL

 

 

 

 

 

 Pont FAIDHERBE de Saint Louis


















 









AGENDA LITTERAIRE ET CULTUREL: Festival du conte à Gorée du 10 au 17 Mai

CF. Article

Cf. Programme sur Dakar et Gorée























 Quand le chant de l'oiseau perce dans le silence
Et que pèse sur lui un vide bien réel
Pleure son âme prise à l'étau de l'absence
Recherchant dans les trilles un petit coin de ciel
L'Oiseau
























 SPLEEN...

Parfums capiteux senteurs enivrantes

Images enfouies dans les replis de ma mémoire

Palimpseste

Sur ma table un Christ

Larmes de sang écarlates

Front pâle lèvres exsangues

Attente

Et le temps d’égrener son long chapelet d’ennui

Et le globe de valser

Et moi de tituber d’ivresse

Flirtant avec le vide

Et j’ai crié ton nom

Crié ma peur 

Tandis qu’hurlait l’écho !

 

Dis, sais tu la couleur du vent

Quand souffle le blues ?

LOU




















  " Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler."
Les Matinaux(1950)_ René Char




















   "Comment vivre sans inconnu devant soi?"
Fureur et Mystères(1948), Le poème pulvérisé_ René Char
















 " Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."
Les Matinaux(1950)_ René Char



















   Je n'ai pas peur, j'ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l'ennemi et moi. L'affronter horizontalement."
Feuilets d'Hypnos(1946)_ René Char




















"Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir."
Feuillets d'Hypnos(1946) René Char
















 " C'est bien la pire peine de ne savoir pourquoi, sans amour et sans haine, mon coeur a tant de peine".
Paul Verlaine











 La croisade des enfants

"Pourra t on un jour vivre sur la terre sans colère, sans mépris, sans chercher ailleurs qu'au fond de son coeur la réponse au mystère de la vie? Dans le ventre de l'univers des milliers d'étoiles naissent et meurent à chaque instant où l'homme apprend la guerre à ses enfants."
Jacques Higelin















" Acculmule puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile, la moins apparente."
René Char