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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 18:57

 

 

 

Pour en savoir plus sur l'écrivain Boris Diop, consulter les articles qui lui sont consacrés sur le blog... Bonne lecture...

 

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"Une littérature de transition"

LE MONDE DES LIVRES | 15.04.10 |


L'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, qui veut "saisir toute l'ambiguïté culturelle", s'explique sur son choix d'avoir délaissé le français pour le wolof le temps d'un livre.

Pourquoi avoir écrit Les Petits de la guenon en wolof ? A 57 ans, c'était la première fois que vous n'écriviez pas en français... 

Boubacar Boris Diop : J'ai toujours eu envie d'écrire en wolof parce que je pense que nos langues devraient avoir leur chance. Comme l'a écrit Coetzee, "les Russes écrivent pour les Russes, les Français pour les Français, les Africains pour les étrangers". Or le wolof est parlé par des millions de gens, essentiellement au Sénégal, mais aussi en Gambie, et à travers la diaspora. Mais ceux qui aimeraient lire dans nos langues ne sont pas assez fortunés, alors que la plupart de nos intellectuels, qui ont les moyens d'acheter des livres, continuent de mépriser leurs langues maternelles ! A peine 20 % des ouvrages africains en français atteignent ainsi le marché du continent... Mais nous devons mener le combat comme Sisyphe !

 

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Y a-t-il eu un facteur décisif dans votre décision de changer de langue ? 

Je dirais, en bonne partie, le génocide rwandais. La haine de soi était à l'oeuvre, certes, mais la vieille culture coloniale y a été pour quelque chose. Et la France a joué un rôle indéniable, quasi-spectaculaire, du côté des génocidaires. Face à cette débâcle, le chic littéraire n'était plus possible. Car, au coeur du génocide, il y avait la question de la langue, la passion francophone. Le gouvernement français a collaboré avec les génocidaires, car - politiquement et culturellement - il s'est senti très menacé par le tropisme anglo-saxon du Front patriotique rwandais (FPR). Suite à cela, j'ai éprouvé une répulsion face à toute forme de domination culturelle et l'envie d'écrire en wolof est remontée en moi. Alors je me suis jeté à l'eau, comme on dit.

Avez-vous eu des moments d'hésitation ? 

Oui, bien sûr, j'ai eu des grands moments de doute, car ma formation d'écrivain est en français. C'est mon septième roman, mais j'ai dû l'écrire avec la mentalité d'un débutant, sans la maîtrise que confère l'expérience. Et c'était très pénible au début, ce passage en tant que romancier vers un autre univers linguistique, d'autres textures et couleurs. Mais, peu à peu, ma plume s'est installée dans cette langue mienne. Et je dois dire que, en fin de compte, c'est sans doute, de tous mes livres, celui que j'ai écrit avec le plus d'aisance. Des voix intérieures se sont élevées autour de moi, des voix de femmes surtout.

Pourquoi de femmes ? 

Les femmes dans mon pays vont moins à l'école, elles sont donc moins francophones, et elles parlent le wolof de façon magnifique. Mon père, par exemple, parlait beaucoup en français, et il en était très fier. Ma mère, elle, ne parlait qu'en wolof. De mon temps, le wolof n'était pas même enseigné à l'école ! Donc, en écrivant, je me suis mis à remonter le fil du temps, de ma généalogie intime, mais, simultanément, j'avançais dans le temps historique, littéraire.

Qu'est-ce qui vous a décidé à le traduire en français ? 

J'avais décidé en 2003 qu'il n'y aurait pas de traduction pendant plusieurs années. Je voulais que le roman se démène, qu'il affirme sa personnalité propre. Parce que, c'était franchement bizarre, dès que j'avais fini la version en wolof, tout le monde s'était mis à me demander quand je le publierais en français, "dans une vraie langue" quoi ! Mais ce n'est qu'en 2006, lorsque Toni Morrison m'a invité à lire un passage de Murambi au Louvre, que j'ai traduit également un passage de Doomi Golo. Alors j'ai été convaincu que le moment était venu.

Continuerez-vous d'écrire en français ? 

Oui, je n'ai jamais eu l'intention d'arrêter. Mais je voudrais saisir toute l'ambiguïté culturelle. Je conçois la littérature écrite dans les langues européennes par des Africains comme une littérature de transition. Certains Africains prennent une position plus radicale et rejettent entièrement la littérature "afro-européenne" comme non africaine. D'autres pensent que le français est un acquis de l'histoire, mais qu'il n'est en rien "notre ultime destin". D'autres encore pensent qu'il faut "mixer" les langues, créer un créole, mais, bon, là je crois qu'ils courent le risque d'écrire un français "bamboula". Il s'agit surtout de comprendre que chacun de ces choix porte en soi une responsabilité historique, morale et littéraire. Personnellement, je n'ai rien contre le français, mais je déteste le folklore, "le français de nos amis d'Afrique", avec l'horizon d'attente que cela suppose.

Certains de vos romans sont-ils particulièrement appréciés en Afrique ? 

Oui. Murambi, sur le Rwanda, est déjà lu dans les écoles, et Le Temps de Tamango est lu à l'université. J'ai par ailleurs constaté une certaine efflorescence sur notre continent de textes en langues africaines, grâce notamment à quelques vaillants éditeurs indépendants... Que Dieu les préserve !

 

 

 

 

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans INTERVIEW
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 19:53

 

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  (Césaire et Tidiane)

Anthropologue, vous publiez chez Gallimard. Votre dernier ouvrage le « Génocide voilé », a été bien accueilli par la critique et les spécialistes. C’est même le premier ouvrage d’un chercheur africain nominé en 2008, dans la catégorie « Essai » du prestigieux Prix Renaudot. Pourquoi traiter d’un sujet aussi brûlant que la traite transsaharienne et orientale ?


1.  

 

Vous savez nombre de chercheurs africains ou autre, veulent restreindre le champ de leurs travaux sur les traites négrières, à uniquement celle pratiquée par les nations occidentales, en ignorant le crime des Arabo-musulmans. Et lorsque de rares chercheurs courageux osent l’aborder, c’est pour en sous-évaluer l’importance, tout en surdimensionnant la ponction transatlantique. Cette dernière nous est bien connue et est largement débattue depuis des décennies. Les études et synthèses sur la traite transatlantique sont légion. J’y ai consacré moi-même trois ouvrages. Mais en Afrique comme dans le reste du monde arabo-musulman, un silence coupable a toujours recouvert cette douloureuse page de notre histoire commune. Alors qu’il est difficile de ne pas qualifier cette entreprise criminelle, de génocide de peuples noirs par massacres, razzias sanglantes puis castration massive. C’est comme un pacte virtuel scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux, qui aboutit à ce déni. Ce pacte est virtuel mais la conspiration est bien réelle. Parce que dans cette sorte de « syndrome de Stockholm à l’africaine », tout ce beau monde s’arrange sur le dos de l’Occident. Tout se passe comme si, les descendants des victimes étaient devenus les obligés, amis et solidaires des descendants des bourreaux, sur qui ils décident de ne rien dire. Et ces derniers ne se gênent pas, ils continuent en Mauritanie, au Darfour et ailleurs. Voilà pourquoi le but de cet ouvrage, est d’éviter que le travail de mémoire qui est entrepris en ce moment sur les traites négrières et plus généralement sur le martyr des peuples noirs, ne continue que dans un sens hypocritement sélectif.

 

2.   Génocide… Un mot très chargé… N’y etes vous pas allé trop fort ?

 

Cette déportation des captifs africains dans le monde arabo-musulman fut dans une large mesure, une véritable entreprise programmée de ce que l’on pourrait qualifier « d’extinction ethnique par castration massive. » Si la traite transatlantique a été qualifiée et enfin reconnue comme crime contre l’humanité, celle pratiquée par les Arabes fut un véritable génocide. Il faut noter qu’au chapitre du mépris des Arabes envers les Africains, l’historien médiéval Ibn-Khaldum qui était le plus célèbre savant arabe de son époque écrivait : « les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal. » La question qui se posait donc, était de savoir, comment faire pour que ces « animaux », ne se reproduisent pas en terres arabo-musulmanes. Car dès les débuts de cette traite, les négriers voulaient empêcher qu'ils ne fassent souche. Comme cela n’avait rien de métaphysique, la castration apparaissait comme une solution bien pratique. Ainsi, dans cette entreprise d’avilissement d’êtres humains, si les Arabes destinaient la plupart des femmes noires aux harems, ils mutilaient les hommes, par des procédés très rudimentaires et qui causaient une effroyable mortalité de l’ordre de 80% des captifs. Ensuite pour ce qui est des survivants, les harems des notables turcs par exemple, étaient surveillés et protégés par une légion d'eunuques noirs à partir de 1550. Ils étaient pour la plupart abyssins et envoyés au sultan par le pacha d'Égypte. En Arabie, on en trouvait beaucoup employés sur les lieux saints. Pour ce qui est de la descendance des femmes, il était extrêmement rare de voir un mulâtre, parce que les enfants nés de leurs relations étaient en général victimes d’infanticide. Elles étaient systématiquement avortées ou leurs enfants se trouvaient réduits en servitude et le plus souvent eunuques. Quelquefois les enfants nés accidentellement étaient tués par les concubines arabes. Ceci était une pratique courante que tout le monde trouvait « normale. » Elle n’a cessé que vers le milieu du XIXème siècle avec la colonisation européenne. Il est sans doute difficile d’apprécier l'importance de la saignée subie par l'Afrique noire au cours de la traite transatlantique. Du Bois l’estime à environ 15 à 20 millions d’individus. Philip Curtin quant à lui, en faisant une synthèse des travaux existants, aboutit en 1969 à un total d’environ 9,6 millions d’esclaves importés surtout dans le Nouveau Monde, plus faiblement en Europe et à Sao Tomé, pour l’ensemble de la période 1451-1870. Mais quelle que fut l’ampleur de cette traite, il suffit d’observer la dynamique diaspora noire qui s’est formée au Brésil, aux Antilles et aux USA, pour reconnaître qu’une entreprise de destruction froidement et méthodiquement programmée des peuples noirs au sens d’un génocide - comme celui des Juifs, des Arméniens, des Cambodgiens ou autres Rwandais -, n’y est pas prouvée. Dans le Nouveau Monde la plupart des déportés ont assuré une descendance. De nos jours, plus de soixante dix millions de descendants ou de métis d’Africains y vivent. Si la ponction transatlantique a duré de 1660 à 1790 environ, les Arabo-musulmans ont razzié les peuples noirs du VIIème au XXème siècle. Du VIIème au X VIème siècle, pendant près de mille ans, ils ont même été les seuls à pratiquer ce misérable négoce, en déportant près de 10 millions d’Africains, avant l’entrée en scène des Européens. Quant aux statistiques de cette traite, du moins celles parvenues jusqu’à nous, car ses acteurs ne tenaient pas de relations écrites au contraire des atlantistes -, elles sont effarantes. L’étude la plus crédible sur le sujet, est celle de l’historien américain Ralph Austin. Elle avance un chiffre total de plus de 17 millions d’Africains. A elle seule, cette traite serait à l’origine d’un peu plus de 40% des 42 millions de captifs africains déportés. Mais du fait de traitements inhumains et de castration massive, ils n’ont presque pas laissé de descendance en Irak, en Turquie, en Iran ou alors très peu au Maghreb et en Arabie.

 

3.   La castration ou des hommes transformés en eunuques, a-t-elle existé ailleurs dans le monde comme arme contre un peuple dominé dans l’histoire de l’humanité ?

 

Il est un fait, depuis des temps fort anciens, les eunuques étaient denrée recherchée dans le monde arabe. Les premières victimes étaient « Slaves » d’Europe centrale, massivement capturées dans des razzias, au mépris des excommunications, puis vendus par les Vénitiens ou les Marseillais aux notables d'Égypte et transformés en eunuques. C’est à l’époque carolingienne, que des chrétiens européens effectuaient ces razzias auprès des peuples installés dans la majeure partie de l’Europe centrale et orientale. Le motif est qu’ils étaient des Païens. Dès le Xème siècle, les monarques saxons Henri l’Oiseleur et Otton Ier par exemple, encourageaient non seulement ces entreprises bestiales, mais y participaient activement. Mais pour ce qui est des eunuques en général, il y eut donc et au commencement, les jeunes slaves emmenés de force en Espagne, pour y subir l’amputation les privant de leur virilité. Mais cette source d’eunuques blancs allait très vite tarir, avec l'apparition d'États puissants en Europe de l'ouest et l'arrêt de l'expansion musulmane aux Pyrénées. Ce « déficit blanc » allait cependant être largement compensé, par un approvisionnement accru en esclaves venus du continent noir. Eunuque provient d’un mot grec qui signifie lit (de femme) et d’un autre qui signifie avoir. Dans la Bible  le terme semble s'appliquer à des hommes, qui ont été castrés (souvent pour éviter tout problème avec les femmes de la noblesse.) Cependant, il est aussi fait allusion à des eunuques de cours royales qui n'étaient pas nécessairement castrés. Les eunuques dont il est question dans la Genèse, chez  Isaïe, Jérémie et Daniel ou dans le Nouveau Testament, n'étaient pas tous castrés. Eunuque est aussi un terme générique qui inclut les femmes stériles, les officiels étrangers d'une cour, les magiciens, les prêtres aussi bien que les hommes castrés. Ces derniers étaient souvent des homosexuels. Le sens d’eunuque s’étendra à bien des fonctions comme celle de domestique. On attribue l’origine des eunuques à la légendaire reine Sémiramis. On rapporte aussi que Cléopâtre aimait à s’entourer d’eunuques. Cependant à l’origine, on pratiquait la castration pour châtrer des prisonniers de guerre. C’est le moyen que trouvaient certains peuples, pour réduire leur force musculaire, diminuer leur combativité et éviter qu’ils ne fassent souche. Ce châtiment fut progressivement étendu aux criminels et aux condamnés pour viol. Chez les Turcs et les Chinois, la castration totale était courante. Bannie par le coran, elle était cependant tolérée dans le monde musulman. Du fait que la pratique de la polygamie et ses harems, y nécessitait une surveillance, il fallait par conséquent, que ceux qui en avaient la charge soient inoffensifs. Ainsi pour les captifs africains, la castration était le moyen idéal. Car non seulement ils devenaient inoffensifs dans les harems, mais leurs chances de faire souche dans ces sociétés racistes et méprisantes pour les Noirs étaient annihilées.

 

4.   Comment expliquez-vous le Silence des peuples africains sur cette traite transsaharienne et orientale ?

 

Ce silence sélectif entourant le crime arabo-musulman envers les peuples noirs et sa sous-estimation, pour mieux braquer les projecteurs, uniquement sur la traite transatlantique, est un ciment devant réaliser la fusion des Arabes et des populations négro-africaines, longtemps « victimes solidaires » du colonialisme occidental. Pourtant, des chercheurs africains musulmans ont tenté une longue et délicate entreprise intellectuelle et religieuse, afin de déconnecter l’Islam de la couleur de la peau. Ceci pour mieux rapprocher les peuples noirs des Arabes et gommer une sombre page de leur histoire commune. Ce travail a littéralement été balayé par le réformisme musulman et le nationalisme arabe. Parce que ces deux mouvements dans leur essence même, reposent avant tout sur le dualisme Noirs ( sudan), inférieurs, Abd (esclaves) et assimilés à Idolâtres, d’où un subtil déni d’Islam et les autres musulmans, supérieurs c’est-à-dire les Blancs (Beïdans.) Cela eut au moins, le mérite de clarifier certains non-dits lourds de sens et de décider quelques chercheurs africains - à travers des articles et autres paragraphes dans de rares publications ici ou là -, à traiter du crime arabo-musulman envers les peuples noirs, mais toujours assez timidement. Aussi, peut-on se demander pourquoi une telle délicatesse et cette hypocrite tendance à dédramatiser le rôle et l’impact de cette entreprise criminelle ? Que des lettrés et autres intellectuels arabo-musulmans, tentent de faire disparaître jusqu’au simple souvenir de cette infamie, comme si elle n’avait jamais existé, peut être aisément compréhensible. Ces derniers ne se décident toujours pas, à regarder leur histoire en face et à en débattre avec leurs compatriotes. Ce qui explique que ce pan de l’histoire de l’humanité, reste encore profondément enfoui dans la mémoire coupable de ces peuples qui en sont responsables. En revanche, il est difficile de comprendre l’attitude de nombreux chercheurs - et même d’Africains américains qui se convertissent de plus en plus à l’Islam –, qui n’est pas toujours très saine et fortement animée par une sorte d’autocensure. Comme si évoquer le passé négrier des arabo-musulmans, revenait à essayer de minimiser la traite transatlantique.

 

5.   Pourquoi la  qualifier de « Traite arabo-musulmane » ? Quelle relation avec la religion musulmane ?

 

Certains historiens anglo-saxons l’appellent la Muslim connection (ou filière musulmane.) Car les négriers qui ont trempé dans ce trafic, n’étaient pas exclusivement arabes. Ils étaient aussi Iraniens (Persans), Berbères, Turcs, Javanais etc., avec souvent pour seul point commun la religion musulmane. Tous ont cependant participé à cette infamie, à des degrés plus ou moins grands. Les marchands arabes vendaient aussi des esclaves noirs jusqu’en Inde musulmane. Au milieu du XVème siècle, le roi du Bengale en possédait près de 8 000. A partir du Xème siècle, on signale même des Noirs vendus en Chine. Une inscription trouvée à Java et datée de 860 de notre ère, identifie sur une liste de domestiques, des « Zendjs », originaires d’Afrique orientale. Une autre inscription javanaise mentionne également des esclaves noirs, offerts par un roi javanais à la cour impériale de Chine. Donc arabo-musulmane parce que le seul point  commun entre tous ces esclavagistes était la religion, mais qui n’en était pas la principale motivation, même si l’Islam n’a jamais aboli le droit de capture et de mise en servitude des non croyants.

 

6.   Pouvez-vous revenir brièvement sur l’origine du problème du Darfour ?

 

Dès le VIIème siècle de notre ère, les Arabes ayant conquis l’Égypte, allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d’ailleurs, au cours de la première expansion islamique. Les Nubiens avaient été durement secoués par les foudroyantes attaques des forces arabes. Ils se défendirent courageusement, mais, devant une supériorité numérique et la détermination des soldats du Jihad (la guerre sainte contre les incroyants), les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de Bakht. C’est l’émir Abd Allah ben Saïd qui se chargea des négociations avec le roi nubien Khalidurat. Un traité fut conclu engageant le monarque africain vaincu à livrer chaque année 360 esclaves des deux sexes, qui seront choisis parmi les meilleurs du pays. C’est ainsi qu’une traite négrière en grand, fut pour la première fois inventée par les Arabes, lorsque l’émir et général Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens la livraison annuelle et forcée de 360 esclaves. La majorité des hommes objets de ce contrat, était prélevée sur les populations du Darfour. Tout avait commencé là et cela n’a apparemment jamais cessé. C’est le mépris manifesté par les Arabes envers les Noirs, qui pendant longtemps, continuera de se manifester cruellement, par la pratique de l’esclavage à peine dissimulée et maintenant par un véritable nettoyage ethnique au Darfour, qui a valu au président soudanais, une inculpation par le Tribunal Pénal International. Et chose incroyable, la Ligue Arabe lui manifeste sa solidarité pendant que les dirigeants africains brillent par leur silence. Ainsi la ponction humaine commencée en 652 se répartira soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions du monde musulman et ce, du VIIème  au XXIème siècle et continue encore au Darfour, avec son lot de massacres voire, de génocide à ciel ouvert.

 

7.   Odyssée… « Au commencement était l’homme noir »… C’est le titre du premier chapitre de votre avant dernier ouvrage « L’Eclipse des Dieux ». Etes-vous afro centriste ?

 

En fait l’histoire des peuples du continent noir a débuté bien avant celle du reste de l’humanité. Elle l’a même engendrée, car du point de vue scientifique il est communément admis aujourd’hui, que tous les hommes qui peuplent notre planète ont une terre d’origine commune : l’Afrique. Ce qui sous-tend que nos ancêtres seraient bien apparus en Afrique noire, il y a quelques millions d'années ! Leur transformation de l’état de « primates » à celle d’humanoïdes puis d'êtres humains est due au hasard et aux effets de la sélection naturelle. Une étude réalisée par l’UNESCO et faisant désormais autorité sur la question se conclut ainsi : Les premiers hommes, étaient ethniquement homogènes et forcément négroïdes. La Loi du savant Gloger, qui s’applique aussi à l’espèce humaine, veut que les organismes des animaux à sang chaud qui se développent sous un climat chaud et humide aient systématiquement une pigmentation noire (eumélanine.) Si donc l’humanité a pris naissance en Afrique, sous la latitude des Grands Lacs dans la vallée du Kenya, elle avait nécessairement une pigmentation noire dès l’origine. Ainsi, du point de vue strictement temporel, l’on peut affirmer sans risque de se tromper qu’au commencement était l'homme noir.

 

8.   Cheikh Anta Diop… Une des Références incontournables pour qui veut étudier l’histoire de l’Afrique. On vous accuse pourtant de tailler en pièces ses thèses sur l’origine de la civilisation pharaonique. Où y a-t-il divergence entre vos travaux?,

Comme vous le savez, le continent noir est longtemps resté marginalisé au regard du patrimoine universel, victime des préjugés eurocentristes, qui étaient le lot de plusieurs générations de chercheurs. A contrario de remarquables pionniers comme Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga entre autres, ont relevé le défi de corriger ces falsifications historiques. Leurs travaux et ceux de leurs disciples - toutes thèses confondues -, se sont voulus objectifs et honnêtes. Plus jeune, je me suis aussi, longtemps employé à les intégrer, affiner et même fièrement diffuser, sans pour autant appartenir à aucune école. Cependant, les époques, les  hommes passent et des fois aussi vite dépassés que leurs travaux. Ceci parce que les sciences notamment l’anthropologie et l’histoire ne sont pas statiques. Les récits d'historiens comme Hérodote ou Diodore de Sicile, souvent cités par Cheikh Anta Diop, apportent,  il est vrai, des éléments, pouvant faire penser que le fabuleux patrimoine historique de la civilisation égyptienne, trouverait sa source en  Afrique noire. Mais toutes les découvertes sérieuses  incitent aujourd’hui à admettre qu'une population noire, n'a jamais été majoritaire en Égypte. Autrement comment expliquer que des 74 Millions d'égyptiens actuels, on ne recense qu'une très infime minorité de Noirs, souvent qualifiés de « Abd » ou « Zenjis » (esclaves), par leurs compatriotes. Leur quasi disparition en Egypte, ne saurait s’expliquer – comme certains tentent de le faire -, par exode massif, fuite volontaire ou même par ce génocide que fut la castration généralisée des Noirs au cours de la traite arabo-musulmane. Car de tels bouleversements catastrophiques des peuples, n'ont au demeurant, jamais réussi dans l'histoire de l'humanité, à rayer totalement de la carte ethnique d'un pays, sa composante « autochtone » et originellement majoritaire. Les rescapés amérindiens et aborigènes en sont un témoignage vivant. Une réalité incontournable cependant est que dans la région Nord du continent noir, il y eut une longue cohabitation entre Négro- africains - Bovidiens mélanodermes, c'est-à-dire des Nègres purs parlant une langue dite nilo-saharienne et les ancêtres des Peuls, Négro-africains déjà métissés -, et Protoberbères depuis les origines du peuplement du Sahara fertile et verdoyant. Une grande partie de ces Tassiliens  émigreront vers la vallée du Nil, pour constituer le premier véritable peuplement de l’Egypte antique. Par la suite des interactions très étendues entre les peuples du Nord du continent et ceux de la partie subsaharienne et dans les deux sens, ont laissé des traces indélébiles. Et c'est probablement au cours de ces mouvements de populations, que des « Egyptiens noirs » notamment les ancêtres des Peuls entre autres, éleveurs itinérants et nomades depuis presque toujours, ont diffusé au sein de nombreuses sociétés négro-africaines, des fragments de cultures et des croyances, qui se retrouvent aujourd'hui à la fois en Égypte et dans l'Afrique noire. C'est à partir de ces éléments que spéculent certains chercheurs afrocentristes, qui se perdent en conjectures en tentant de rattacher exclusivement la civilisation égyptienne à l'Afrique noire. En fait sur les origines de la civilisation pharaonique, c’est l'historien juif du Ier siècle, Flavius Joseph, qui me mit sur une autre piste. Il parlait clairement d'une immigration préhistorique de peuples mésopotamiens en Egypte. Et ces « immigrants bâtisseurs»,  le Livre de la Genèse   les qualifient de « Fils de Cham » l'un des trois enfants de Noé, maudit par son père et que l'on aurait abusivement désigné, comme l'ancêtre des peuples noirs. La confusion avec une « Égypte négro-africaine » viendrait probablement de cette interprétation. Pour le reste, je vous renvoie au prochain numéro d’AFRICULTURES qui publiera le résultat de mes recherches.
   http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=8357


 Celui-ci recense indiscutablement les apports des Sumériens, qui ont véritablement servi de ressort au décollage de la civilisation égyptienne au début de sa période dynastique.

 

 

9.   Vous revisitez l’histoire et l’anthropologie des peuples de la Mère Afrique, ramant souvent à contre courant… Pas très confortable, j’imagine et surtout stressant…Est-ce volontaire ?

 

En fait dans mon approche de l’évolution de l’humanité, il n’y a pas d’homme ou de peuple véritablement unique, dans l’espace et dans le temps. Il n’existe pas de groupes humains chez qui on noterait des différences fondamentales avec le reste de l’humanité. Aussi nous devons apprendre à écrire notre histoire de la même manière que le font les autres. Toute organisation sociale et économique répond essentiellement aux exigences de la nature humaine. Elle répond à son caractère agressif, naturellement ambitieux et conflictuel. Autrement dit, chaque individu, base de l’ensemble, cache plus ou moins au fond de lui un désir de briller et de dominer. Ces caractéristiques sont communes aux Egyptiens, aux Grecs, aux Romains, aux Mongols comme aux Zoulous. Les attaques que je subis – et dont vous faites allusion -, ont commencé avec la publication de mon étude sur Chaka et l’empire zoulou. Comme si l’on me reprochait de n’avoir pas mis en valeur un de nos héros noirs. Ceci parce que j’ai également souligné le coté monstrueux du personnage. Alors que beaucoup de conquérants et grands meneurs d’hommes, pareillement compris, canalisé et exploité des ambitions de grandeur de leurs peuples. Certains l’ont fait dans un intérêt collectif, d’autres les ont mises au service de leur rayonnement personnel. En y regardant de plus près, d’Alexandre à Bonaparte et de César à Chaka, on croirait assister à la répétition d’une pièce déjà vue. Seul le décor change.  Mais comme vous le savez, une des mystifications de l’histoire humaine est que les peuples ont toujours perçu ces meneurs comme des êtres d’une supériorité culturelle et intellectuelle qui les placent au-dessus de tout concept moral préétabli. Pourtant ce concept absurde de surhomme développé par Nietzsche et récupéré par la plupart des dictateurs, relève plus de la fiction grammaticale que d’une quelconque réalité. Car ces acteurs, même perçus comme hors du commun, n’en demeurent pas moins l’image ou le reflet de l’homme ordinaire. Mais de l’homme ordinaire poussé à ses extrêmes et qui révèle tout ce qu’il a de bestialité inspirée et de démesure. De la même manière, si l’homme était un grand génie militaire et révolutionnaire social, Chaka Zoulou n’en a pas moins écrasé des peuples qui refusaient d’avancer avec lui. Il a aussi assombri une page de l’histoire. Sa route est jalonnée de morts et de destructions. Dans l’histoire de l’humanité, il a aussi associé son nom à ceux qui peuvent évoquer carnages et brutalité. Il ne souffre l’ombre d’un doute que – même s’il est à peu près impossible d’avancer des chiffres précis – des milliers d’hommes ont péri sous l’avance des forces zouloues. De vastes portions de territoires, situées entre la rivière Umzimvubu et le lac Nyassa au Nord, l’océan indien à l’Est et le désert du Kalahari à l’Ouest, ont subi au cours de cette épopée des ravages ayant pratiquement dépeuplé toute la zone. De nombreux clans qui ont refusé, à tort ou à raison, d’épouser l’objectif du conquérant zoulou, ont disparu. La mémoire africaine a aujourd’hui oublié jusqu’à leurs noms. En cela, Chaka était un authentique et impitoyable cavalier nègre de l’Apocalypse. Je n’ai fait que brosser le portrait de l’homme comme les chercheurs occidentaux, asiatiques et autres le font sans complaisance. Car l’histoire et l’anthropologie ne sont pas au service des falsificateurs dans un sens ou dans un autre. Il faut l’écrire sans haine, passion ou militantisme.

 

JE VOUS REMERCIE M. N’DIAYE










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MARILOU GINGIMBRE - dans INTERVIEW
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- EXPOSITION SUR L'OEUVRE DE MICHEL ADANSON

- CONFERENCE SUR LE THEME: LES PLANTES MEDICINALES, MYTHES, CROYANCES, VERTUS ET MEFAITS.

 

 

 

 

 

L'harmonie et la beauté d'un jardin résident dans la diversité de ses fleurs, couleurs et parfums. De la sorte, la beauté de l'humanité réside dans la diversité de ses peuples, de ses couleurs, de ses langues. Telle est la vision des artisans de la paix, pour qui les différences sont une nécessité de vie.


Cheikh Abdoulaye DIEYE ( International Sufi School)






Love will be a colour
Behind a small door
When heart knocks your soul
In love you may fall

Busard























" Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante et traumatisante, elle doit marquer son signe; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture."
Andrée Chédid





' Ecrire, c'est très dur, avec de grandes fenêtres de joie "
Andrée Chédid









" ALLER ME SUFFIT "
René CHAR






Sortie le 5 novembre du dernier livre de Dominique de Villepin: "Le dernier témoin", publié chez Plon.


Né d’une conversation de l’auteur avec le cinéaste Luc Besson, ce conte philosophique rapporte l’histoire du survivant d’un incendie planétaire : un arbre qui prend la parole pour transmettre l’histoire de ce qu’il a connu:

"La Terre a été ravagée par le feu. Tout, désormais, est recouvert de cendres et les rares êtres qui subsistent encore n'ont plus grand-chose d'humain.

Seul indice de la splendeur du monde passé, un arbre règne sur les vestiges d'une ville morte. Il est le dernier témoin de ce qu'a été l'humanité et, au milieu du silence, il prend la parole : dans ce monde perdu, il veut sauver ce qui peut encore l'être, et transmettre leur héritage à ces hommes qui n'en sont plus.

En racontant son incroyable destin - indissociable de l'histoire du monde -, l'arbre va tenter de faire comprendre au peuple de cendres ce qu'est la vie et lui rendre ainsi son humanité."

 

En savoir plus sur la bibliographie de l'écrivain DE VILLEPIN ?

Voir SVP article le concernant.










Mme Marie Louise SOCK vient de créer un blog pour l'entreprise " LES LAURIERS" : Management des écoles _ Conseil _ Formation des enseignants.

Si vous désirez le consulter, cliquez sur le lien ci dessous SVP.

   http://leslaurierscosultance.over-blog.com


                                        







Parution le 20 Aout 2009 du nouveau roman de Boubacar Boris Diop.


'Les Petits de la Guenon" est la version française "Doomi Goolo "  publié en 2003 par les éditions Papurus de Seydou Nourou Ndiaye. La version française est l'oeuvre des éditions Philippe Rey (France)

Vous trouverez dans ce blog trois articles sur l'écrivain Boubacar Boris Diop... Bonne lecture...












UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT LOUIS



 


CENTRE DE RECHERCHES ET DE DOCUMENTATION DU SENEGAL (CRDS)

 

INVITATION

 

 

La Directrice et le personnel du CRDS vous convient à la conférence sur « De l’actualité de la réflexion philosophique », animée par Monsieur Amadou Alpha SY, Ecrivain, professeur de philosophie Conseiller Pédagogique au Pôle de Formation de Saint-Louis.

 

Mercredi 3 juin 2009 à 15h 30

Lycée Ameth FALL

 

 

 

 

 

 Pont FAIDHERBE de Saint Louis


















 









AGENDA LITTERAIRE ET CULTUREL: Festival du conte à Gorée du 10 au 17 Mai

CF. Article

Cf. Programme sur Dakar et Gorée























 Quand le chant de l'oiseau perce dans le silence
Et que pèse sur lui un vide bien réel
Pleure son âme prise à l'étau de l'absence
Recherchant dans les trilles un petit coin de ciel
L'Oiseau
























 SPLEEN...

Parfums capiteux senteurs enivrantes

Images enfouies dans les replis de ma mémoire

Palimpseste

Sur ma table un Christ

Larmes de sang écarlates

Front pâle lèvres exsangues

Attente

Et le temps d’égrener son long chapelet d’ennui

Et le globe de valser

Et moi de tituber d’ivresse

Flirtant avec le vide

Et j’ai crié ton nom

Crié ma peur 

Tandis qu’hurlait l’écho !

 

Dis, sais tu la couleur du vent

Quand souffle le blues ?

LOU




















  " Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler."
Les Matinaux(1950)_ René Char




















   "Comment vivre sans inconnu devant soi?"
Fureur et Mystères(1948), Le poème pulvérisé_ René Char
















 " Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."
Les Matinaux(1950)_ René Char



















   Je n'ai pas peur, j'ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l'ennemi et moi. L'affronter horizontalement."
Feuilets d'Hypnos(1946)_ René Char




















"Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir."
Feuillets d'Hypnos(1946) René Char
















 " C'est bien la pire peine de ne savoir pourquoi, sans amour et sans haine, mon coeur a tant de peine".
Paul Verlaine











 La croisade des enfants

"Pourra t on un jour vivre sur la terre sans colère, sans mépris, sans chercher ailleurs qu'au fond de son coeur la réponse au mystère de la vie? Dans le ventre de l'univers des milliers d'étoiles naissent et meurent à chaque instant où l'homme apprend la guerre à ses enfants."
Jacques Higelin















" Acculmule puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile, la moins apparente."
René Char