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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:35

 

 

 

 

 

 

 

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"Le temps a effeuillé les paroles vaines et ne subsiste que le pouls. L'écrit a ceci de mieux que la parole, il est murissement. L'écrit est la pointe de la flèche du dire. Il ramasse et offre le meilleur des élans de vie. Il condense toute l'expérience de celui qui écrit et de ceux qui ont persisté à travers lui. Il est surcroît. Son élaboration a necessité la dépense d'une énergie vitale, la consummation d'un feu intérieur."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Tout disparaîtra. Alors, pourquoi écrire, créer, s'indurer? Pourquoi planter des arbres qui vous survivront, sculpter des colonnes qui nous chanteront? Transmettre des mots, egrener des mélodies, bâtir le néant. Pourquoi? Parceque l'art est un éloge de l'infini. Au coeur de la beauté, le temps n'existe plus. Nos vies ont beau être courtes sur l'echelle cosmique, contempler la beauté en est l'ultime réalisation. De générations en générations, les artistes transmettent le fruit mûr de leur quête".

 

 

 

 

 

 

 

 

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" Effort intense. Endurer les inconsistances, les gommer une à une. Endurer la fatigue, les viscissitudes quotidiennes, les cols abrupts. Endurer l'exigence vis à vis de soi à chaque instant. Endurer l'effort. Oser la hauteur. Endurer la hauteur. Endurer la parole. Endurer les paroles. Endurer le silence. Endurer toutes ces choses jusqu'à l'extinction du sentiment de l'importance de soi. Et, ce jour là, on n'endure plus rien, car le moi qui endurait est mort."

 

 

Felwine SARR - DAHIJ ( Gallimard)

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 15:59


Lééboon...
Lippoon...
Amoon na fi...
Yaa ko fékké ?!...

Formule magique soulevant le voile pudique du conte.

La lune éclairait l'assistance sagement assise en demi cercle autour d'un feu sous le baobab centenaire.

..."Cet oiseau cendré venait du Nord. Son chant, troublant, la laissa songeuse...
Qui donc frappait si fort à la porte de son coeur?   


Tam tam...
Tam tam trépidant...
Tam tam en son coeur meurtri...
Vertige...
Décrypter le chant de l'oiseau...

Ah si sa Grand-Mère était encore là! 
Le chant de certains oiseaux est porteur de message, de présage pour qui sait entendre ce que disent les mannes!


 En son for intérieur, une seule certitude: "pour elle seule ce chant qui venait du Nord"...

Fille du désert
Du sable,
Du soleil,
Du sahel,
Pour qui donc ce chant venu de si loin?
Pour qui ce message venu du Nord,
Pays du grand froid?

Songeuse, la jeune fille aux pieds nus
Fille caramel aux cheveux crépus
Arpentait les ruelles étroites de l'Ile aux esclaves...


Un oiseau cendré au vol majestueux avait chanté, rien que pour elle...
Son chant hantait son coeur...


Cauris sur bogolan au détour d'un sentier.
Et que disent donc les mannes?
Jugez en vous même O vous qui assistez ce soir à cette veillée
Lisez et dites moi ce que disent les ancêtres...



......

Un " Wassa" total
Cauris groupés ouverts
Au monde
A la vie
A l'Amour
Une Offrande muette
Un message ont dit les Mannes...

Elle contourna l'Oracle le coeur battant la chamade et poursuivit sa promenade dans les ruelles calmes et dallées de basalte de son Ile
Sa Terre
Son Nid...

Tant de nuits passées à arpenter songeuse ces ruelles baignées d'un halo laiteux, bercée par le chant de l'Atlantique!
Mama Coumba Castel, Fée et Marraine de l'Ile la couvait pour sûr, sous son aile protectrice. Aucune crainte en son coeur dans l'Ile assoupie et déserte...
Son Royaume...



Elle l'arpentait solitaire, respirant cette paix nocturne à pleins poumons
"Ecoutant pousser ses cils
Ses ongles longs"...





Marcher...
Ne rien dire...
Dites, que dire?

Vivre ces moments intenses
S'emplir d'Oubli
Pleurer l'Absence...

Ce soir là, l'Oiseau chanta, faisant tressaillir son coeur éperdu...
Et que disait son chant?
Sirène?!...
Paix, paix répondirent les Ancêtres...


Fille du Sable
Fille de l'Ile aux Esclaves...
Paix dans ton coeur...

Elle emprunta les ruelles de son Refuge éperdue
Sanglotant sans trop savoir pourquoi...

Pourquoi pleures tu Fille d'Afrique?



L'Oiseau cendré chante la Paix
Jamm
Jamm rek
Bul jooy
Paix
Paix en ton coeur...


Elle descendit sur la minuscule plage.
Le sable sculptait ses pieds nus.
Traces
Traces bues
Sucées par l'océan
Traces effacées
Ephémères comme la Vie
Comme l'Amour
Traces de pieds nus sur le sable fin
Traces enfouies
Enfuies
Perdues
Néant
Vanité de la Vie...




Où donc le Messager
Où l'Oiseau chanteur?
Qu'importe...

Le chant vibrait dans son coeur
Qu'importe...
Son coeur revivait...

Attendre...

La vie est actions et attentes.
Attendre dans le silence de l'Absence
 Guettant les signes
Décryptant la vie.

Attendre...

Ses tresses dansaient dans le vent nocturne.

Fille de l'Ile aux Esclaves...

Fille du Soleil errant sous la clarté lunaire...

O sèche tes larmes, ce n'est qu'un message de Paix
Un appel
Un long chapelet aux perles multicolores égrenant
Absence
Espérance
Peur
Regrets
Douleur
Nostalgie
Amour
Attente

Et ces mots de danser la valse du temps dans le coeur meurtri de la Fille des Iles aux longues tresses ornées de cauris blancs qui dansaient dans le vent nocturne...


....

Le fil du conte s'égare parfois dans les méandres de la vie... Un rien suffit pour le perdre ou le retrouver: le chant d'un oiseau, un regard, un sourire...









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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:30

 

  GNAWAS EN 1920




… C’est l’apanage et la destinée de toutes les langues vivantes. Elles s’enrichissent d’apports extérieurs, s’approprient la vie. Mais il arrive que certains peuples puissent vivre en vase clos dans un milieu et conserver farouchement leur langue et leur culture.

 

Au Maghreb, j’ai retrouvé, au cours d’un de mes voyages, une minorité marginalisée qui y vit depuis des siècles. Appélés « Ouled Bambara » ou « Hommes du tourbillon » ou « Gnawas ». Leur nom vient de « Akaln-iguinaouen » une expression berbère qui signifie pays des noirs.

 

Ces Gnawas sont des descendants d’esclaves originaires du Mali, du Niger et de Guinée, amenés de force au Maghreb par les routes caravanières de l’or et du sel. Ils ont maintenu leurs rites très vivants au fil des siècles. Mendiants, mystiques, amuseurs publics, guérisseurs, ils ont conservé la langue BAMBARA.

Ils ont fusionné dans leur musique les genres Yoruba, la musique des chasseurs du Mali, les rythmes de la casamance sénégalaise. Leur rituel de transe s’apparente beaucoup à celui du ndëp des Lébous du Sénégal …

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:44

LIVRE DE_ GERARD BADOU POUR EN SAVOIR PLUS...

 




EXTRAIT DE LA SAGA HISTORIQUE DE MARILOU GINGIMBRE 

 

Je vais te raconter une chose horrible. Toi qui a vu l’horreur en Amérique, il est vrai qu’il me sera difficile de t’impressionner mais écoute…. En Afrique du Sud, vivait Sawtche, une jeune fille Hottentote. C’était une jeune femme noire, cambrée et fessue comme peuvent l’être certaines femmes de notre race.

Domestique dans une ferme du Cap, elle s’occupait de ménage et de la cuisine. A force de la regarder aller et venir, une idée germa, on ne sait trop comment dans l’esprit de ses employeurs blancs. Il s’agissait de se faire de l’argent en Europe, en exhibant les parties intimes de cette pauvre femme.
Elle fut montrée dans des cabarets, des foires, attirant de plus en plus de curieux venus voir de plus près cette femme dont le seul crime était d’avoir été dotée par la nature de fesses proéminentes.
Elle était battue, maltraitée. Anti-esclavagistes , abolitionnistes et africanistes crièrent au scandale et déposèrent une plainte auprès de la cour royale de justice d’Angleterre pour traitement amoral ou avilissant.


Les blancs rétorquèrent quelle était consentante, sous contrat et qu’elle s’enrichissait elle aussi. Elle acrédita cette thèse au tribunal lorsqu’elle fut interrogée en hollandais, la langue qu’elle parlait. Quelles menaces avait elle reçu? Toujours est il que ce commerce honteux continua de plus belle. On l’amena ensuite en France et les français aussi s’en donnèrent à cœur joie. Sawtche n’était pour tous ces gens là, qu’une bête curieuse en cage.


Les gens poussèrent l’horreur jusqu’à vouloir en faire un objet d’études scientifiques. Terrorisée dans ces laboratoires, elle refusa tout net toute coopération. Elle mourut au bout de cinq années de mauvais traitements, dans la plus grande pauvreté. Elle avait moins de trente ans!...


Sa mort ne fut pas la fin de son martyr, les médecins blancs disséquèrent son corps afin de justifier leurs thèses. Ce n’était, Joe, qu’une jeune fille de sa race!

 Son âme crie vengeance et cherche le chemin du retour vers la terre des ancêtres. Ce n’est qu’une question de temps, les mânes ont décidé de la ramener. Sawtche, la Vénus Hottentote comme l’appellent les blancs reviendra parmi nous.

 

 

 

PS/ Extrait d'une conversation tenue en 1887 entre un chasseur Mandé et un jeune descendant d'esclave installé en Sierra Leone. La Vénus est de nos jours revenue en Terre d'Afrique et repose en paix...

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:24

 

Afin que nul ne l'ignore....

 

 

 

Charte du Mande 1222 ( Les 7 points de la charte qui concernent les chasseurs)


1. Les chasseurs déclarent :
Toute vie (humaine) est une vie.
Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie, Mais une vie n’est pas plus “ancienne”, plus respectable qu’une autre vie, De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.

2. Les chasseurs déclarent :
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, Que nul ne cause du tort à son prochain, Que nul ne martyrise son semblable.

3. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun éduque comme il se doit ses enfants, Que chacun “entretienne”, pourvoie aux besoins des membres de sa famille.

4. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur le pays de ses pères.
Par pays ou patrie, faso,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes ; Car “tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface Deviendrait aussitôt nostalgique.”

5. Les chasseurs déclarent :
La faim n’est pas une bonne chose,
L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ; Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là, Dans ce bas monde.
Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc, La faim ne tuera plus personne au Manden, Si d’aventure la famine venait à sévir ; La guerre ne détruira plus jamais de village Pour y prélever des esclaves ; C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable Pour allez le vendre ; Personne ne sera non plus battu, A fortiori mis à mort, Parce qu’il est fils d’esclave.

6. Les chasseurs déclarent :
L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour, “D’un mur à l’autre”, d’une frontière à l’autre du Manden ; La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden ; Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden.
Quelle épreuve que le tourment !
Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours.
L’esclave ne jouit d’aucune considération, Nulle part dans le monde.

7. Les gens d’autrefois nous disent :
“L’homme en tant qu’individu
Fait d’os et de chair,
De moelle et de nerfs,
De peau recouverte de poils et de cheveux, Se nourrit d’aliments et de boissons ; Mais son “âme”, son esprit vit de trois choses :
Voir qui il a envie de voir,
Dire ce qu’il a envie de dire
Et faire ce qu’il a envie de faire ;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine, Elle en souffrirait Et s’étiolerait sûrement.”
En conséquence, les chasseurs déclarent :
Chacun dispose désormais de sa personne, Chacun est libre de ses actes, Chacun dispose désormais des fruits de son travail.

Tel est le serment du Manden
A l’adresse des oreilles du monde tout entier.

 

Charte de Kurukan Fuga  1236

I - DE L’ORGANISATION SOCIALE:


Article 1er:
La société du grand mandé est divisée en seize (16) porteurs de
carquois, cinq (5) classes de marabouts, quatre classes (4) de
nyamakalas. Chacun de ces groupes a une activité et un rôle
spécifiques.

Article 2: Les nyamakalas se doivent de dire la vérité aux Chefs, d’être leurs
conseillers et de défendre par le verbe les règles établies et l’ordre sur
l’ensemble du royaume.

Article 3: Les morikanda Lolu (les cinq classes de marabouts) sont nos maîtres
et nos éducateurs en islam. Tout le monde leur doit respect et
considération.

Article 4: La société est divisée en classes d’âge. A la tête de chacune d’elles est
élu un chef. Sont de la même classe d’âge les personnes (hommes ou
femmes) nées au cours d’une période de trois années consécutives.
Les Kangbès (classe intermédiaire entre les jeunes et les vieux) doivent être conviés pour participer à la prise des grandes décisions concernant la société.

Article 5: Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité
physique. En conséquence, toute tentation d’enlever la vie à son
prochain est punie de la peine de mort.

Article 6: Pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué le Kön¨gbèn
Wölö (un mode de surveillance) pour lutter contre la paresse et
l’oisiveté.


Article 7: Il est institué entre les mandenkas le sanankunya (cousinage à
plaisanterie) et le tanamanyöya (forme de totémisme). En
conséquence, aucun différent né entre ces groupes ne doit dégénérer,
le respect de l’autre étant la règle.
Entre beaux-frères et belles-s½urs, entre grands parents et petits-enfants, tolérance et le chahut doivent être le principe.

Article 8: La famille KEITA est désignée famille régnante sur l’empire.


Article 9: L’éducation des enfants incombe à l’ensemble de la société. La
puissance paternelle appartient en conséquence à tous.

Article 10: Adressons-nous mutuellement les condoléances.

Article 11: Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le
voisin.

Article 12 : La succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un
fils tant qu’un seul de ses pères vit.
Ne donnez jamais le pouvoir à un mineur parce qu’il possède des liens.

Article 13: N’offensez jamais les nyaras.

Article 14: N’offensez jamais les femmes, nos mères.

Article 15: Ne portez jamais la main sur une femme mariée avant d’avoir fait
intervenir sans succès son mari.

Article 16: Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes doivent être
associées à tous nos Gouvernements.

Article 17: Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme
des vérités.

Article 18: Respectons le droit d’aînesse.

Article 19: Tout homme a deux beaux-parents: Les parents de la fille que l’on
n’a pas eue et la parole qu’on a prononcé sans contrainte aucune. On
leur doit respect et considération.

Article 20: Ne maltraite, pas les esclaves, accordez leur un jour de repos par
semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures
raisonnables. On est maître de l’esclave et non du sac qu’il porte.

Article 21: Ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses: du Chef, du voisin,
du marabout du féticheur, de l’ami et de l’associé.

Article 22: La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la
grandeur.

Article 23: Ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole d’honneur.

Article 24: Ne faites jamais du tort au étrangers.

Article 25: Le chargé de mission ne risque rien au Mandé.

Article 26: Le taureau confié ne doit pas diriger le parc.

Article 27: La jeune fille peut être donnée en mariage dès qu’elle est pubère sans
détermination d’âge. Le choix de ses parents doit être suivi quelques
soit le nombre des candidats.

Article 28: Le jeune homme peut se marier à partir de 20 ans.

Article 29: La dote est fixée à 3 bovins: un pour la fille, deux pour ses père et
mère.

Article 30: Venons en aide à ceux qui en ont besoin.



II - DES BIENS:


Article 31: Il y a cinq façons d’acquérir la propriété: l’achat, la donation,
l’échange, le travail et la succession. Toute autre forme sans
témoignage probant est équivoque.


Article 32: Tout objet trouvé sans propriétaire connu ne devient propriété
commune qu’au bout de quatre ans.

Article 33: La quatrième mise-bas d’une génisse confiée est la propriété du
gardien.

Article 34: Un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.

Article 35: Un ½uf sur quatre est la propriété du gardien de la poule pondeuse.

Article 36: Assouvir sa faim n’est pas du vol si on n’emporte rien dans son sac
ou sa poche.


III - DE LA PRESERVATION DE LA NATURE:

 

Article 37: Fakombè est désigné Chef des chasseurs. Il est chargé de préserver la
brousse et ses habitants pour le bonheur de tous.

Article 38: Avant de mettre le feu à la brousse, ne regardez pas à terre, levez la
tête en direction de la cime des arbres.

Article 39: Les animaux domestiques doivent être attachés au moment des
cultures et libérés après les récoltes. Le chien, le chat, le canard et la
volaille ne sont pas soumis à cette mesure.



III - DISPOSITIONS FINALES:

Article 40: Respectez la parenté, le mariage et le voisinage.

Article 41: Tuez votre ennemi, ne l’humiliez pas.

Article 42: Dans les grandes assemblées, contentez vous de vos légitimes
représentants et tolérez-vous les uns les autres.

Article 43: Balla Fassèkè KOUYATE est désigné grand Chef des cérémonies et
médiateur principal du mandé. Il est autorisé à plaisanter avec toutes
les tribus en priorité avec la famille royale.

Article 44: Tous ceux qui enfreindront à ces règles seront punis. Chacun est
chargé de veiller à leur application.

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:19

 

 

 

 

On considère généralement que la première Charte des droits de l’homme est la fameuse Grande Charte ou Magna Carta, rédigée par les britanniques le 15 juin 1215.

Ce texte fondamental, divisé en 63 articles, introduit pour la première fois le concept d’ “Habeas Corpus” (aie ton propre corps), garantissant ainsi pour la première fois en Europe un minimum de droits civiques aux populations féodales.


Presque simultanément, en Afrique occidentale, l’aube d’un Empire nouveau se lève.

Nous sommes en 1222 et un dénommé Soundjata Keïta se prépare à une lutte de longue haleine pour unifier le Mandingue.

 Il prend la tête de l’ésotérique confrérie des chasseurs, et ensemble ils définissent alors les bases juridiques de l’Empire nouveau, une Charte qui préfigure encore plus puissament que la Magna Carta de ce qu’on appellera plus tard les droits de l’Homme: c’est la Charte du Mandé, plus diversement connue sous les appelations de Donsolu Kalikan (Serment des Chasseurs), Dunya Makilikan (Injonction au Monde), ou plus courament Manden Kalikan (le Serment du Mandé).
( voir article suivant SVP...)


En fait, il est bel et bien possible que la Charte du Mandé soit en réalité la toute première charte des droits de l’Homme au monde.

En effet, la traduction généralement acceptée de l’ “Habeas corpus” est erronée, car, explique un critique, “La formule débute l’ordonnance qui s’adresse au geôlier et non au prisonnier. Il s’agit d’un ordre de produire le prisonnier devant la Cour : aie le corps [la personne du prisonnier], [avec toi, en te présentant devant la Cour] afin que son cas soit examiné.”
Par conséquent, l’Habeas corpus tel que conçu dans l’inconscient collectif contemporain est donc un mythe.

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 15:15

Un extrait du roman: Lilou Stevens, l'Afro-américaine de Marilou.



Des rochers à perte de vue sur cette côte s'ouvrant largement sur l’océan atlantique. Appelée « Golfe de Guinée », elle se divise en fait en deux parties : une côte « sous le vent » qui s’étale du Sénégal au Cap des Palmes et une autre, qui descend au sud, jusqu’au Cap des Trois Pointes appelée Côte de l’Ivoire. Cette dernière devient ensuite la Côte de l’or.

 

             De magnifiques rivières ondoyantes se jettent dans l’océan en boucles sinueuses après avoir traversé des forêts sauvages à la végétation luxuriante. Cette embouchure d’une des Rias, « rivières du sud », appelée « Gallinas » rocheuse et découpée, parsemée d’îles marécageuses, se révéle parfois fatale pour les pirogues qui se brisent comme des noix de coco sur les blocs de basalte. L’estuaire est bordée de palétuviers. La côte de Guinée dispose pourtant de bons abris naturels mais l’accès au rivage est gêné par une forte barre.

 

              Ce jour là, quelques pirogues se serraient frileusement dans l’étroite crique sablonneuse. Joe Stevens, perché sur une des masses noires parsemées de moules et d’oursins rêvassait, le regard perdu dans le lointain. De l’eau, à perte de vue… Son pays, la Sierra Leone, s’ouvrait largement sur l’océan Atlantique à l’ouest et au sud ouest. Ce nom, lui avait on dit, lui avait été donné par les Portiguais à cause du tonnerre qui grondait sur les sommets des montagnes et des lions sauvages.

 

          Comme tous les jeunes pêcheurs de son âge, l'adolescent rêvait d’horizons lointains, de mythiques eldorados. Depuis quelques temps, tout son être était tendu vers l’océan.

 

            Partir…

 

            Cette côte, visitée vers 1461 par les Portugais, n’offrait pas beaucoup d’opportunités. Ces derniers l’abandonnèrent assez tôt, n’y laissant qu’un

fort. Au XVI siècle, ce n’était qu’un port pourvoyeur d’esclaves pour les négriers européens. En 1722, le Lord Chief Justice de Londres ayant proclamé que tout esclave réfugié en Angleterre deviendrait libre de plein droit, de nombreux esclaves noirs sautèrent sur l’occasion.

En 1770, le Révérent Samuel Hopkins, Pasteur de la première Eglise de la congrégation de New Port, Rhode Island, conçut un projet d’envoyer des esclaves affranchis en Afrique. Ces derniers, ayant reçu une formation religieuse pourraient alors exercer leurs activités d’hommes libres puis évangeliser et civiliser les autochtones.

En 1873, il réunit les fonds necessaires et envoya en Sierra Léone quelques affranchis. Mais cela n’alla pas plus loin.

 

 

En 1787,un philanthrope anglais, abolitionniste du nom de Granville Sharp, eut l’idée d’acheter, sur la côte d’Afrique occidentale, quelques arpents de terre pour servir de refuge aux esclaves affranchis. Ce fut l’origine de Freetown, capitale de la Sierra Leone.

 

Plus tard, un des plus grands projets qui se réalisa fut celui de Paul Cuffee, avant l’expérience du grand retour vers le Libéria. Né à Cuttyhunk dans le Massassuchetts, d’un père africain et d’une mère amérindienne, il était pauvre et écrasé par sa situation d’affranchi. Il fit fortune en tant qu’armateur. Intéressé par tout ce qui pouvait améliorer le sort de sa communauté particulièremnt défavorisée, il se pencha sur les plans de rapatriment d’Afro-américains vers l’Afrique.

 

En 1816, il fit embarquer à ses frais trente huit noirs à destination de Freetown et finança leur installation.

 

Des soldats noirs démobilisés après la guerre d’indépendance américaine, ceux qui fuyaient la Jamaïque firent aussi de cette colonie britannique leur terre d’accueil.

 

 

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 17:26

 

 

                    Et si j’étais un animal? Je serais un chat. Ils sont souverains et d’un détachement! Tout glisse sur eux alors que tout me blesse car n’ayant pas encore acquis l’imperméabilité necessaire, vitale. Je m’écorche vive, m’écartèle, me crucifie, me déchire en lambeaux palpitants.

De plus, j’essaie de comprendre, de garder une certaine distance par rapport aux choses en écrivant, en inventant des personnages qui vivent, que je pare de mon désespoir, de ma souffrance, les plongeant dans le vide où je me meus . Et nous errons ainsi de concert, perdus, bannis, exilés. Désespoir à l’unissons pour conjurer la solitude. Où donc la frontière? Sympathie. Où la réalité? Où la fiction? Je me perds dans ce « mentir vrai » ommencé avec tant d’allégresse. J’écris. Je souffre. Je suis mon personnage qui souffre. Il parodie mes mots, singe ma vie, je le pare de mes souffrances. Voyeurisme. Masochisme.Jusqu’où peut on aller? Jusqu’où irai je? Jusqu’où ira ce personnage de fiction qui se déguise en moi déversant ses entrailles putrides. Collin maillard. Cache cache avec moi-même. Je vis sur les chapeaux de roue,faisant face sur plusieurs fronts histoire d’oublier, de m’étourdir, puis j’écris, compresses humides sur un front moite. J’essaie d’endiguer cette indigence mentale qui me paralyse, n’étant plus qu’une plaie béante, un cancer sournois et affamé se baffre de ce qui fut Moi, grandissant à vue d’œil. Comment vivre dans le vide nauséeux de cette existence? «  Il est si douloureux de vivre » avait elle dit. J’écris, dégoûtée. A quoi s’accrocher quand tout dégringole?

 

          A moi les casses monumentales, les dérapages, les chutes mémorables et le moral éclopé, clopinant. Se recomposer vaillament, ramassant les morceaux épars de moi égayés dans la nature. Rassembler, reconstruire. Comme les chats, j’ai neuf vies. Je renais inlassablement de mes cendres. Ressurection ou  réincarnation? Je ne sais. Je tombe et me relève ou on me relève, c’est selon… Je m’affale ainsi parfois, de tout mon long, le nez dans la poussière puis, patiemment, me recompose et me relève. Comme dans mes rêves! Je n’arrête pas de tomber dans mon sommeil. A grands fracas, je m’écrase puis m’aveugle. Plus rien. Néant. Trou noir. Cauchemar dans ma nuit  J’erre ainsi souvent dans les couloirs de mes rêves où des gens vont, viennent, sans me voir. Puis des hommes apparaissent,  déambulent, maigrissent à vue d’œil, se ratatinent rabougris, raccornis, désséchés, vidés puis s’effilochent, se désintègrent, se volatilisent. Il est des fois aussi où j’assiste au phénomène contraire: des hommes déambulent aussi un long moment en silence puis s’empâtent, s’enrobent, épaississent à outrance. Les chairs flasques se déversent partout, les joues et les ventres luisent, ballons de baudruche. Incrédule, je suis. Et eux de grossir encore menaçant de m’asphyxier. Trop d’air pour eux, trop de place et je recule acculée, aux abois, traquée de toutes parts par ces chairs répugnantes. Amoi l’épingle magique! Plof! Plus de ballon. Parti. Le vide, le néant et moi pensive…




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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 17:10

«  Lilou Stevens, l’Africaine

 

 

Une Saga historique Afro-Américaine :

 De Freetown en 1887 au Sénégal après les indépendances.

 

  MARIE LOUISE SOCK

 

 

 

RESUME

 

 

 La traite et l’esclavage semblent appartenir au passé, une amnésie volontaire qui ne peut perdurer.

L’abolition de l’esclavage en 1793, considérée comme une victoire du peuple noir contre la violation de ses droits et la ségrégation raciale n’a, en fait, que posé les premiers jalons de difficultés, conflits et combats prévisibles tous comptes faits et incontournables.

Aux USA, cette abolition ne concerna pas tous les états de prime abord. Le gouvernement fédéral ne pouvait intervenir dans les affaires locales, vu l’autonomie de chaque état au sein de l’union. Il ne pouvait donc abolir l’esclavage, admis dans la constitution de certains états.

Dans le sud, les enjeux économiques énormes de la filière du coton furent la cause du délai limite fixé à vingt ans pour permettre aux propriétaires terriens de prendre leurs dispositions. La tension était grande entre abolitionnistes et esclavagistes.

Ce n’est qu’en 1863 qu’une proclamation déclara publiquement les esclaves libérés pour toujours malgré l’intransigeance et le caractère raciste des sudistes. L’avenir des anciens esclaves pose alors problème. Il est question, pour certains, de les envoyer ailleurs former des Républiques Noires alors que d’autres prônent une tentative de coexistence.

En 1869, le droit de vote est accordé aux Noirs par un amendement de la constitution et le Ku Klux Klan se constitue pour rendre toute participation des noirs aux élections impossible.

En France, le décret historique du gouvernement provisoire de 1848 avait déjà aboli l’esclavage dans les colonies et possessions françaises.

Aux Antilles, Toussaint Louverture inscrivait son nom dans l’histoire de l’esclavage et de la Négritude. Ancien esclave devenu empereur, la liberté de son peuple s’acquiert par la violence, le combat.

En Afrique enfin, deux nations sont créées par d’anciens esclaves : le Libéria et la  Sierra Léone.

Motivés par le mythe du retour sur la Terre  Mère des Ancêtres, d’anciens esclaves s’installent tant bien que mal sur la côte ouest africaine, aidés par des abolitionnistes philanthropes et militants (Grandville Sharp…) qui firent pression sur le gouvernement britannique.

Cependant, en terre d’Afrique, un climat de suspicion s’installe entre autochtones d’une part et esclaves affranchis ou descendants d’esclaves d’autre part.

En 1898,  la Hut Tax War fut un épisode sanglant de la vie en Sierra Leone durant lequel des créoles commerçants, des missionnaires et des officiers furent tués.  Un état nation se crée pourtant, tant bien que mal, malgré les exactions du colonisateur, tentant une prise en compte impartiale des intérêts des différentes communautés qui se cotoient, ce qui se révèle être une tâche très difficile.

Les « créoles » sont appelés « Black english », avec une connotation très péjorative. Les deux entités vivent dans des quartiers séparés. Certains esclaves affranchis optent pour un repli, vivant en vase clos. Ils reproduisent en terre d’Afrique un mode de vie américain, imitant l’architecture de leurs anciennes demeures, conservant les modes vestimentaires, etc... Leurs enfants acquièrent une éducation européenne, chrétienne de préférence, dédaignent le mode de vie africain et les « superstitions ». L’Angleterre, à cette époque, devient leur seconde nation. Ils y passent leurs vacances et y complètent l’éducation et l’instuction donnée à leurs enfants.

D’autres, par contre, s’intéressent à l’Afrique et tentent une intégration économique, sociale, politique et culturelle. Pas évident non plus comme approche, convenons en…

 

Mon livre, une fiction historique, a pour objectif majeur d’être un document d’histoire attrayant, présenté sous forme de Saga familiale. Celle-ci commence à Freetown en 1887 et se poursuit, au fil des chapitres, en Gambie, au Sénégal (Gorée, Dakar, Saint Louis) de l’après indépendance.

Nous abordons les thèmes de l’esclavage, de son abolition, du devenir des esclaves libérés et de leur descendance, de leur intégration en Afrique, de la colonisation, de l’organisation économique du Sénégal avec le commerce Bordelais, des indépendances avec  nos micro-états en construction alors que quelques siècles plus tôt, l’empereur Soundjata Kéita avait réussi à fédérer des royaumes et à construire un énorme empire en Afrique de l’ouest.

A Freetown, au premier chapitre, un chasseur Mandé est chargé par la confrérie secrète des chasseurs, d’aborder ces afro-américains revenus sur la Terre  Mère. L’objectif est de les « apprivoiser » afin de les mener peu à peu vers l’initiation, passage obligé pour qui veut connaître la culture africaine.

Après cette première initiation, le chasseur devra organiser des cours d’histoire bien structurés et adaptés au degré de compréhension et de réception sur le plan ésotérique de ses élèves. Les thèmes abordés par ce chasseur professeur d’histoire sont : la cosmogonie, le monothéisme, le polythéisme, les migrations, le commerce transsaharien et la traite des esclaves, l’art africain, les symboles géométriques et leur signification ésotérique, l’Egypte antique, l’unité linguistique en Afrique, le rôle des griots, la transcription des langues africaines, l’organisation économique et sociale de nos royaumes et empires…Condernant l’empire du Mali, il s’agira de mettre en évidence la Mandem Kalikan (serment du Mandé), charte  qui régissait la vie des chasseurs et qui date de 1222, époque où l’empereur Soundjata Keita régnait sur cet empire. Une parenthèse sera aussi faite sur les griots, leur rôle, leur place dans la société noire africaine.

 

On ne peut construire l’avenir si on ne connaît pas le passé. Indéniable…

Cette saga aborde le thème de l’esclavage, la représentation que l’on se fait de l’esclave dans la société africaine, arabe, européenne et américaine. Un travail sur le concept de race et d’identité est aussi fait ainsi que sur les catégories de désignation de l’homme noir. La clarification de certains concepts et une meilleure connaissance de l’évolution sociologique de l’Afrique ont été un apport considérable.

Concernant l’Afrique de l’ouest, on en sait  plus sur cette confrérie des chasseurs : leur mode de vie, leur formation, les vêtements, les armes, les méthodes utilisées pour chasser et pour pêcher (au harpon), l’organisation et la localisation des sites importants, l’enseignement ésotérique… Cette confrérie était régie par la « Dansolu Kalikan « ( serment du Chasseur). Aujourd’hui, des « Gardiens de Temple » qui ont accepté de lever le voile sur l’Histoire, celle qui se transmet sous le boisseau par le biais de l’initiation. Notre devoir est de transmettre à nos enfants le socle sur lequel l’Afrique doit être construite.

 

La suite de la Saga historique se déroule à Dakar, Gorée et Saint Louis.Une documentation importante a pu être réunie sur les thèmes de la colonisation, du commerce ( surtout Bordelais avec les négociants en vins basés à Saint Louis), de la décolonisation et du Sénégal des indépendances.

 

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 17:49
J’émiette, pensive, les hommes qui ont plus ou moins pesé dans la balance, sans complaisance aucune, sous la lumière crue du soleil.Complice, je l’ai été, offrant parfois, de bonne grâce, les lanières de cuir qui me flagelaient à mort.
L’attrait du fruit défendu, dans les gênes inscrit. « Au serpent tentateur, tu résisteras! » Mais elle succomba, souriante. C’était quand au fait? Qu’importe… C’est comme l’histoire du Père Noël…
La main qui se tend, involontairement, c’est plus fort que moi, ça remonte à l’aube de ma vie. Il y avient ces délestages… Plouf! Plongeons habituels inévitables dans l’obscurité.
Comme quoi, ce n’est pas nouveau, Samuel peut se vanter de n’avoir rien inventé. Mille soupirs résignés et l’allumette flambait. A la lumière vascillante du cierge, mille images chinoises fleurissaient. Grand-mère se surpassait et apparaissaient des oiseau, des chiens, des chats, des chameaux qui m’enchantaient. Apparitions. Disparitions. J’applaudissais et sournoisement, me coulais doucement vers la bougie, irrésistiblement attirée.
Un coup sec sur les doigts.
Vigilents, ils étaient…
Et je me mettais à pleurer. Grosse déception d’enfant, premières frustrations, premiers drames. « Tu ne toucheras pas, ma fille! » Oh que si, je toucherais va… Je palperai, je triturerai… Je n’avais pas encore mordu dans la pomme, elle se parait de mille atours, tentatrice.

Aujourd’hui de même d’ailleurs, je n’en suis pas encore guérie, de ce défaut. Le ver est sous la peau, invisible, caché. Pourtant, il y a ce trou dans le fruit, minuscule certes, qui dénonce l’intrus. Il crève les yeux. Je me crève les yeux. Ni vu, ni connu, ni prévenue. J’éteins la bougie. J’éteins le soleil d’un coup de baguette magique. Ténèbres propices et je croque la pomme, le ver avec. Pouah! Pas étonnant que je le recrache, le mec, avec son parfum d’amertume. Passées les premières bouchées, pourriture!... Bouchées recrachées cynique. « Eve ou Manthie du poète? » Dites moi…

J’émiette les défauts, ceux qu’on supporte, ceux qui horripilent, ceux sur lesquels on ferme les yeux, ceux qui sautent aux yeux. La tonne et le quintal. Une journée n’y suffirait pas. Trop de lucidité nuit. Microscope... Et tous les détails apparaissent.  Je m’indigne contre mes yeux qui s’ouvrent, préférant faire l’autruche. Rendez moi mes œillères! C’est si bon de tomber amoureux, de s’envoler sur des nuages roses munie d’ailes dorées, le temps que cela durera, au risque d’atterrir sur les fesses à grands fracas. J’exige mes œillères! C’est si bon de se prendre pour le centre du monde, le trouvant beau comme un Dieu, de chanter sa peau couleur de nuit ou de lait, les sentiers incandescents de son corps, les tendres étreintes, les baisers enfiévrés, délicieusement idiote.
Toute hargne s’estompe alors, plus de ressentiment, lucide, je suis, plus agressive pour un sou.
Lassitude...
 En fait, c’est le boulet au pied à perpétuité, les hommes. Je ne peux pas faire sans, autant faire avec… La guerre fratricide n’aura pas lieu. Défaut de fabrication, je ne pense pas être faite pour la guerre.......





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MARILOU GINGIMBRE - dans EXTRAITS
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AGENDA



 

 

L'ASSOCIATION DES AMIS DE LA NATURE DE L'UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ORGANISE UNE JOURNEE DE L'ENVIRONNEMENT LE MERCREDI 08 JUIN A L'UCAD.

 

PROGRAMME:

- EXPOSITION SUR L'OEUVRE DE MICHEL ADANSON

- CONFERENCE SUR LE THEME: LES PLANTES MEDICINALES, MYTHES, CROYANCES, VERTUS ET MEFAITS.

 

 

 

 

 

L'harmonie et la beauté d'un jardin résident dans la diversité de ses fleurs, couleurs et parfums. De la sorte, la beauté de l'humanité réside dans la diversité de ses peuples, de ses couleurs, de ses langues. Telle est la vision des artisans de la paix, pour qui les différences sont une nécessité de vie.


Cheikh Abdoulaye DIEYE ( International Sufi School)






Love will be a colour
Behind a small door
When heart knocks your soul
In love you may fall

Busard























" Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante et traumatisante, elle doit marquer son signe; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture."
Andrée Chédid





' Ecrire, c'est très dur, avec de grandes fenêtres de joie "
Andrée Chédid









" ALLER ME SUFFIT "
René CHAR






Sortie le 5 novembre du dernier livre de Dominique de Villepin: "Le dernier témoin", publié chez Plon.


Né d’une conversation de l’auteur avec le cinéaste Luc Besson, ce conte philosophique rapporte l’histoire du survivant d’un incendie planétaire : un arbre qui prend la parole pour transmettre l’histoire de ce qu’il a connu:

"La Terre a été ravagée par le feu. Tout, désormais, est recouvert de cendres et les rares êtres qui subsistent encore n'ont plus grand-chose d'humain.

Seul indice de la splendeur du monde passé, un arbre règne sur les vestiges d'une ville morte. Il est le dernier témoin de ce qu'a été l'humanité et, au milieu du silence, il prend la parole : dans ce monde perdu, il veut sauver ce qui peut encore l'être, et transmettre leur héritage à ces hommes qui n'en sont plus.

En racontant son incroyable destin - indissociable de l'histoire du monde -, l'arbre va tenter de faire comprendre au peuple de cendres ce qu'est la vie et lui rendre ainsi son humanité."

 

En savoir plus sur la bibliographie de l'écrivain DE VILLEPIN ?

Voir SVP article le concernant.










Mme Marie Louise SOCK vient de créer un blog pour l'entreprise " LES LAURIERS" : Management des écoles _ Conseil _ Formation des enseignants.

Si vous désirez le consulter, cliquez sur le lien ci dessous SVP.

   http://leslaurierscosultance.over-blog.com


                                        







Parution le 20 Aout 2009 du nouveau roman de Boubacar Boris Diop.


'Les Petits de la Guenon" est la version française "Doomi Goolo "  publié en 2003 par les éditions Papurus de Seydou Nourou Ndiaye. La version française est l'oeuvre des éditions Philippe Rey (France)

Vous trouverez dans ce blog trois articles sur l'écrivain Boubacar Boris Diop... Bonne lecture...












UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT LOUIS



 


CENTRE DE RECHERCHES ET DE DOCUMENTATION DU SENEGAL (CRDS)

 

INVITATION

 

 

La Directrice et le personnel du CRDS vous convient à la conférence sur « De l’actualité de la réflexion philosophique », animée par Monsieur Amadou Alpha SY, Ecrivain, professeur de philosophie Conseiller Pédagogique au Pôle de Formation de Saint-Louis.

 

Mercredi 3 juin 2009 à 15h 30

Lycée Ameth FALL

 

 

 

 

 

 Pont FAIDHERBE de Saint Louis


















 









AGENDA LITTERAIRE ET CULTUREL: Festival du conte à Gorée du 10 au 17 Mai

CF. Article

Cf. Programme sur Dakar et Gorée























 Quand le chant de l'oiseau perce dans le silence
Et que pèse sur lui un vide bien réel
Pleure son âme prise à l'étau de l'absence
Recherchant dans les trilles un petit coin de ciel
L'Oiseau
























 SPLEEN...

Parfums capiteux senteurs enivrantes

Images enfouies dans les replis de ma mémoire

Palimpseste

Sur ma table un Christ

Larmes de sang écarlates

Front pâle lèvres exsangues

Attente

Et le temps d’égrener son long chapelet d’ennui

Et le globe de valser

Et moi de tituber d’ivresse

Flirtant avec le vide

Et j’ai crié ton nom

Crié ma peur 

Tandis qu’hurlait l’écho !

 

Dis, sais tu la couleur du vent

Quand souffle le blues ?

LOU




















  " Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler."
Les Matinaux(1950)_ René Char




















   "Comment vivre sans inconnu devant soi?"
Fureur et Mystères(1948), Le poème pulvérisé_ René Char
















 " Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."
Les Matinaux(1950)_ René Char



















   Je n'ai pas peur, j'ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l'ennemi et moi. L'affronter horizontalement."
Feuilets d'Hypnos(1946)_ René Char




















"Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir."
Feuillets d'Hypnos(1946) René Char
















 " C'est bien la pire peine de ne savoir pourquoi, sans amour et sans haine, mon coeur a tant de peine".
Paul Verlaine











 La croisade des enfants

"Pourra t on un jour vivre sur la terre sans colère, sans mépris, sans chercher ailleurs qu'au fond de son coeur la réponse au mystère de la vie? Dans le ventre de l'univers des milliers d'étoiles naissent et meurent à chaque instant où l'homme apprend la guerre à ses enfants."
Jacques Higelin















" Acculmule puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile, la moins apparente."
René Char