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...Je tourne en rond dans la maison obscure. Encore ces délestages « indépendants de leur volonté ! » Mais qu’est ce qui cloche dans ce pays? Quelque chose s’est détraqué quelque
part. Mais, où ? Faire l’autopsie de ce grand corps gangrené et putride. Nous sommes des macchabées, d’hideux cadavres ambulants. Berk! Trève de bêtises.
Je prends un livre, n’importe lequel sur l’étagère. La flamme de la bougie dessine des fantomes et des sorcières sur les murs.
Et danse Mame Comba Bang
Et chante Mame Comba Castel
Et se pavanne Mamy Wata
C’est la ronde des Princesses de mes rêves sur les murs lépreux.
Les mots défilent sur les feuilles, pâles, exsangues, morts. Ce livre n’est qu’un vieux cimetière abandonné, triste, parsemé d’herbe sèche. Mon angoisse murit. Je couve ma peur et me penche sur
elle, inquiète, comme le font les poules. La conserver à bonne température sinon, gare à l’ébullition et au raz de douleur qui en résulterait. Ca se dit? Qu’importe. Pourvu que l’on puisse se
figurer ce trop plein qui déborde et se déverse. Et puis zut!... Il fait sombre, trop sombre tout d’un coup. Les anges ont tiré les rideaux dans le ciel, de lourdes tentures noires. Puis des
étoiles s’allument, une à une… M’évader, délirer… Le ciel devient un vaste champ parsemé de lumières scintillantes. Faire valser mon imagination… Je berce ma douleur dans mon jardin dévasté. Où
donc est Il? Je cours après le vent. Bonjour la déconfiture! Pour l’heure, il me faut vivre, décompresser doucement, m’assoir et écrémer. Je me déverse sur ma feuille blanche, accouchant de mes
mots, de mes maux, de mon angoisse et de ma rage. Il faut économiser la chandelle qui se consume par les deux extrémités.......