Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des articles, des commentaires, des contributions, des extraits, de la poésie, des interviews d'auteurs en vue ou originaux dans leur démarche.

Publicité

Les mecs et moi ( Extrait de Méandres / Roman)

J’émiette, pensive, les hommes qui ont plus ou moins pesé dans la balance, sans complaisance aucune, sous la lumière crue du soleil.Complice, je l’ai été, offrant parfois, de bonne grâce, les lanières de cuir qui me flagelaient à mort.
L’attrait du fruit défendu, dans les gênes inscrit. « Au serpent tentateur, tu résisteras! » Mais elle succomba, souriante. C’était quand au fait? Qu’importe… C’est comme l’histoire du Père Noël…
La main qui se tend, involontairement, c’est plus fort que moi, ça remonte à l’aube de ma vie. Il y avient ces délestages… Plouf! Plongeons habituels inévitables dans l’obscurité.
Comme quoi, ce n’est pas nouveau, Samuel peut se vanter de n’avoir rien inventé. Mille soupirs résignés et l’allumette flambait. A la lumière vascillante du cierge, mille images chinoises fleurissaient. Grand-mère se surpassait et apparaissaient des oiseau, des chiens, des chats, des chameaux qui m’enchantaient. Apparitions. Disparitions. J’applaudissais et sournoisement, me coulais doucement vers la bougie, irrésistiblement attirée.
Un coup sec sur les doigts.
Vigilents, ils étaient…
Et je me mettais à pleurer. Grosse déception d’enfant, premières frustrations, premiers drames. « Tu ne toucheras pas, ma fille! » Oh que si, je toucherais va… Je palperai, je triturerai… Je n’avais pas encore mordu dans la pomme, elle se parait de mille atours, tentatrice.

Aujourd’hui de même d’ailleurs, je n’en suis pas encore guérie, de ce défaut. Le ver est sous la peau, invisible, caché. Pourtant, il y a ce trou dans le fruit, minuscule certes, qui dénonce l’intrus. Il crève les yeux. Je me crève les yeux. Ni vu, ni connu, ni prévenue. J’éteins la bougie. J’éteins le soleil d’un coup de baguette magique. Ténèbres propices et je croque la pomme, le ver avec. Pouah! Pas étonnant que je le recrache, le mec, avec son parfum d’amertume. Passées les premières bouchées, pourriture!... Bouchées recrachées cynique. « Eve ou Manthie du poète? » Dites moi…

J’émiette les défauts, ceux qu’on supporte, ceux qui horripilent, ceux sur lesquels on ferme les yeux, ceux qui sautent aux yeux. La tonne et le quintal. Une journée n’y suffirait pas. Trop de lucidité nuit. Microscope... Et tous les détails apparaissent.  Je m’indigne contre mes yeux qui s’ouvrent, préférant faire l’autruche. Rendez moi mes œillères! C’est si bon de tomber amoureux, de s’envoler sur des nuages roses munie d’ailes dorées, le temps que cela durera, au risque d’atterrir sur les fesses à grands fracas. J’exige mes œillères! C’est si bon de se prendre pour le centre du monde, le trouvant beau comme un Dieu, de chanter sa peau couleur de nuit ou de lait, les sentiers incandescents de son corps, les tendres étreintes, les baisers enfiévrés, délicieusement idiote.
Toute hargne s’estompe alors, plus de ressentiment, lucide, je suis, plus agressive pour un sou.
Lassitude...
 En fait, c’est le boulet au pied à perpétuité, les hommes. Je ne peux pas faire sans, autant faire avec… La guerre fratricide n’aura pas lieu. Défaut de fabrication, je ne pense pas être faite pour la guerre.......





Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article