Des articles, des commentaires, des contributions, des extraits, de la poésie, des interviews d'auteurs en vue ou originaux dans leur démarche.
URNES ASSOIFFEES
Un bled perdu
effacé mort
Des nuages de poussière
Des fantômes
Fantômes gris
Fantômes de mon peuple
Tout est gris
Le ciel la terre les corps
les cœurs et les rires
Les sourires sont gris
Et les pleurs aussi
Des silhouettes se dessinent dans le brouillard poussiéreux
Silhouettes surmontées de vases
Vases de terre aussi gris que les visages
Des vases assoiffés
Comme les gorges grises qui avancent
Qui rampent depuis l’aube
A la recherche de l’eau salvatrice
J’ai suivi un chapelet de fantômes glissant dans la poussière
Compter
Compter les minutes les heures les jours
Marcher
Depuis quand marchions nous en silence un vase d’argile vissé sur la tête
Les yeux vides
Si vides
Emplis de silence et d’oubli
Les gorges sèches
Si sèches
Ha ce que j’ai soif
Soif de sourires de chants d’amour
J’ai soif si soif
Où donc la source
Nous avons gémi une chanson silencieuse
Nous avons murmuré le cri de la soif
Alors que nos lèvres craquaient
Nous abreuvant d’un sang gris
Gris comme le temps
Gris comme les hommes
Nous avons pleuré le blues des désespérés
Dans les sentiers poussiéreux
Qui ricanaient ironiques
Comptabilisant la chute des assoiffés
Nous avons erré dans le désert de nos vies
Cherchant la source
Celle qui apaiserait notre soif
Notre cruelle soif d’Amour
Où donc la source de Vie?