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Retour sur la Terre Mère: Afro-américains vers la Sierra Léone

Un extrait du roman: Lilou Stevens, l'Afro-américaine de Marilou.



Des rochers à perte de vue sur cette côte s'ouvrant largement sur l’océan atlantique. Appelée « Golfe de Guinée », elle se divise en fait en deux parties : une côte « sous le vent » qui s’étale du Sénégal au Cap des Palmes et une autre, qui descend au sud, jusqu’au Cap des Trois Pointes appelée Côte de l’Ivoire. Cette dernière devient ensuite la Côte de l’or.

 

             De magnifiques rivières ondoyantes se jettent dans l’océan en boucles sinueuses après avoir traversé des forêts sauvages à la végétation luxuriante. Cette embouchure d’une des Rias, « rivières du sud », appelée « Gallinas » rocheuse et découpée, parsemée d’îles marécageuses, se révéle parfois fatale pour les pirogues qui se brisent comme des noix de coco sur les blocs de basalte. L’estuaire est bordée de palétuviers. La côte de Guinée dispose pourtant de bons abris naturels mais l’accès au rivage est gêné par une forte barre.

 

              Ce jour là, quelques pirogues se serraient frileusement dans l’étroite crique sablonneuse. Joe Stevens, perché sur une des masses noires parsemées de moules et d’oursins rêvassait, le regard perdu dans le lointain. De l’eau, à perte de vue… Son pays, la Sierra Leone, s’ouvrait largement sur l’océan Atlantique à l’ouest et au sud ouest. Ce nom, lui avait on dit, lui avait été donné par les Portiguais à cause du tonnerre qui grondait sur les sommets des montagnes et des lions sauvages.

 

          Comme tous les jeunes pêcheurs de son âge, l'adolescent rêvait d’horizons lointains, de mythiques eldorados. Depuis quelques temps, tout son être était tendu vers l’océan.

 

            Partir…

 

            Cette côte, visitée vers 1461 par les Portugais, n’offrait pas beaucoup d’opportunités. Ces derniers l’abandonnèrent assez tôt, n’y laissant qu’un

fort. Au XVI siècle, ce n’était qu’un port pourvoyeur d’esclaves pour les négriers européens. En 1722, le Lord Chief Justice de Londres ayant proclamé que tout esclave réfugié en Angleterre deviendrait libre de plein droit, de nombreux esclaves noirs sautèrent sur l’occasion.

En 1770, le Révérent Samuel Hopkins, Pasteur de la première Eglise de la congrégation de New Port, Rhode Island, conçut un projet d’envoyer des esclaves affranchis en Afrique. Ces derniers, ayant reçu une formation religieuse pourraient alors exercer leurs activités d’hommes libres puis évangeliser et civiliser les autochtones.

En 1873, il réunit les fonds necessaires et envoya en Sierra Léone quelques affranchis. Mais cela n’alla pas plus loin.

 

 

En 1787,un philanthrope anglais, abolitionniste du nom de Granville Sharp, eut l’idée d’acheter, sur la côte d’Afrique occidentale, quelques arpents de terre pour servir de refuge aux esclaves affranchis. Ce fut l’origine de Freetown, capitale de la Sierra Leone.

 

Plus tard, un des plus grands projets qui se réalisa fut celui de Paul Cuffee, avant l’expérience du grand retour vers le Libéria. Né à Cuttyhunk dans le Massassuchetts, d’un père africain et d’une mère amérindienne, il était pauvre et écrasé par sa situation d’affranchi. Il fit fortune en tant qu’armateur. Intéressé par tout ce qui pouvait améliorer le sort de sa communauté particulièremnt défavorisée, il se pencha sur les plans de rapatriment d’Afro-américains vers l’Afrique.

 

En 1816, il fit embarquer à ses frais trente huit noirs à destination de Freetown et finança leur installation.

 

Des soldats noirs démobilisés après la guerre d’indépendance américaine, ceux qui fuyaient la Jamaïque firent aussi de cette colonie britannique leur terre d’accueil.

 

 

 

 

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