Des articles, des commentaires, des contributions, des extraits, de la poésie, des interviews d'auteurs en vue ou originaux dans leur démarche.
DEDICACE A LA LIBRAIRIE " 4 VENTS" de DAKAR
LE PRIX NOBEL
Le Prix Nobel de littérature récompense un
écrivain dont l’œuvre est censée avoir apporté une contribution majeure à l’humanité dans les domaines du savoir, de l’art et de la culture.
Il avait été crée par testament en 1901 par un chimiste Suédois, Alfred Nobel.
C’est un prix considéré comme le plus prestigieux et le plus médiatique du monde. Il assure au bénéficiaire une promotion, une renommée internationale et une aisance financière (10 millions de
couronnes suédoises soit 1,02 millions d’Euros).
J.M.G. Le Clezio
L’écriture est une question de vie conditionnée par un besoin intérieur.
« De deux choses l’une : on risque de se faire avaler par la littérature ou par soi-même. Si on se fait avaler par soi-même, on devient fou. Si
on se fait avaler par la littérature, on devient écrivain. »
Ecrire ? « Etre à la fois ici et ailleurs, appartenir à plusieurs histoires. »
Pourquoi écrire ? « Lorsque j’ai commencé à écrire, j’écrivais pour le seul plaisir de raconter des histoires. Maintenant, j’écris pour une autre raison. Au fond, j’écris pour savoir qui je suis. »
La contestation, la dénonciation de la société urbaine, la remise en question du monde occidental, la diversité et la mondialisation sont les thèmes quasi permanents de l’œuvre de Le clézio.
BIOGRAPHIE
Ø 1940 – Naissance à Nice – Fils de Raoul Le Clézio (chirurgien, spécialiste en maladies tropicales) et de Simone Le Clézio, sa cousine germaine.
Ø Issu d’une famille Bretonne émigrée à l’Ile Maurice au XVIIIème siècle.
Ø 1948 – Rejoint son Père au Nigeria.
Ø 1950 – Retour à Nice
Ø Etudes à Nice puis à Aix-en-Provence, à Londres, à Bristol.
Ø 1961 – Mariage avec Rosalie Piquemal
Ø 1963 - Devient célèbre à 23 ans avec son premier roman le Procès-verbal couronné par le Prix Renaudot
Ø 1964 – Mémoire pour un diplôme d’études supérieures sur le thème de la solitude dans l’œuvre d’Henri Michaux.
Ø 1967 – Service national en Thaïlande en tant que coopérant. Il est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine.
Ø Envoyé au Mexique. Y étudie le Maya, le Nahuatl, le Yucatan.
Ø De 1970 à 1974, vit chez les indiens Emberras, waunanas au Panama.
Ø 1975 – Remariage avec Jémia, originaire du Sahara occidentale
Ø 1983 – Thèse d’histoire sur la mythologie Maya à l’Institut des études mexicaines de Perpignan.
Ø Enseigne à l’université de Bangkok, de Mexico, de Boston, d’Austin, d’Albuquerque.
Ø 1990 – Fonde avec Jean Grosjean la collection « L’Aube des Peuples » chez Gallimard dédiée à l’édition des textes mythiques et épiques, traditionnels ou anciens.
Ø 2000 – Histoire de la Corée, la mythologie, les rites chamaniques. Il est aussi professeur à l’université d’Ewha.
Ø 2007 – Signe le Manifeste pour « Une littérature-monde » qui invite à la reconnaissance des auteurs dits « francophones »
Ø 2008 – Prix Nobel de littérature.
Ø 2009 – Officier de la Légion d’honneur.

CONTRIBUTION DE M. ALPHA SY ( Professeur de philosophie à Saint Louis)_ Café philosophique au prytannée militaire de Saint-Louis.
SYNTHESE CAFE PHILO DU 21 FEVRIER 2008
Exceptionnel, ce mémorable Café philo du 21 février 2009 l’aura été, sous bien des rapports. D’abord, au registre des invités : en plus de Jean Marie Le Clézio et de Hubert Ibrahim Haddad, respectivement, lauréat du Prix Nobel 2008 et du Prix des Cinq Continents, le DEMSG du Ministère de l’Education nationale, le directeur des Arts du Sénégal, une forte délégation de l’O. I. F, des professeurs des universités Cheick Anta Diop de Dakar et Gaston Berger de Saint-Louis et Monsieur Christian Valentin ont remarquablement participé à ce banquet.
Exceptionnel aussi, de par le site qui a abrité cette manifestation : une école militaire où des élèves d’une douzaine de nationalités y sont à l’apprentissage des savoirs et savoirs faire que requiert le développement de l’Afrique.
Enfin, exceptionnel de par le défi à relever : mettre à profit l’expertise avérée des illustres invités tout en s’évertuant à préserver l’esprit du café philo à savoir rester autant que faire se peut dans la question.
Après les chaleureux mots de bienvenue du Colonel Commandant Souleymane Thioune du Prytanée Militaire de Saint-Louis, le directeur de l’Institut Culturel et Linguistique de Saint-Louis, Didier Moniotte, a tenu à exprimer sa profonde gratitude à l’O. I. F et au Colonel Commandant du prestigieux Etablissement scolaire. Dans le même mouvement, il a tenu à rappeler l’objectif de ce banquet mensuel initié depuis novembre 2007 par son Institut et régulièrement animé par le philosophe- écrivain Alpha Amadou Sy. Leur succédant, le professer de Lettres, Charles Camara, s’est brillamment adonné au redoutable exercice de présentation de J M Le Clézio et de H I Haddad.
Dés les premières prises de paroles, il a été loisible de noter que les interrogations portaient, pour l’essentiel, sur la question de l’Autre et ses corollaires, à savoir la mondialisation, le dialogue des cultures et l’identité. A la question à quoi servent les identités, Hubert Haddad dira que la quête de l’altérité suppose l’affirmation d’un soi. Et cette affirmation de soi, en tant que moment incontournable, peut être hypothéquée par la guerre à même d’être à l’origine de cette terrible expérience qu’est la perte de la mémoire, en pensant sans doute à ce personnage de Palestine : cet otage qui se perd en perdant ses repères.
A Le Clézio, qui partage avec le lauréat du Prix des Cinq Continents cette même aversion de la guerre, de répondre aux questions des uns et des autres en parlant comme s’il écrivait : des anecdotes croustillantes puisées dans son impressionnante expérience du monde et des hommes non sans disserter sur l’Autre comme une sorte de dédoublement du moi.
Reviendra la récurrente question : à quoi sert la philosophie qui s’attache davantage aux questions qu’aux réponses ?
Il en est de la philosophie comme de la vie, précisera l’animateur. L’existence, elle-même, sollicite des réponses qui ne sont jamais définitives, elles sont, toujours, de l’ordre du relatif. Cependant, contrairement à la vie, la réflexion, elle, on peut la suspendre. Aussi proposa- t-il de lever la séance et de se donner rendez- vous le samedi 21 mars, sur la parvis de l’Institut Culturel et Linguistique Jean Mermoz pour …relancer le débat.
NOTE DE LECTURE (Présentée par Mme Marie Louise SOCK à l'émission littéraire télévisée «EMPREINTES» de M. Sada Kane - Canal Info)

(Onitsha, paru en 1991 est une version romancée du séjour de Jean Marie Gustave Le Clézio en A frique.)
L’Africain est un récit autobiographique. L’homme, un écrivain de 64 ans, va à la rencontre de son père dans un voyage initiatique, celui qui fit de lui un écrivain à l’age de 8 ans.
Français, Mauricien, il a vécu les premières années de la vie pendant la guerre. Avec sa Mère et sa Grand-mère, il vit dans un deux pièces à Nice. En 1948, Il va rejoindre son père à Port Harcourt, au Nigéria.
Ce Père, médecin, spécialiste de maladies tropicales, photographe amateur, s’est retrouvé séparé de sa famille par la guerre. Le voyage, fait en bateau, est long, très long. L’enfant découvre les cotes de la mystérieuse A frique qui lui est inconnue. Dans des cahiers d’écolier, il imagine le continent et noircit des pages et des pages. Deux récits naissent de ces moments de solitude :
_ Un long voyage
_ Oradi noir
A son arrivée, son père : le pantalon trop court, large… Ce n’est plus qu’un homme usé, vieux, irritable qui découvre ses enfants déjà grands et en souffre. Pour l’enfant qui a vécu les affres de la guerre, l’Afrique c’est la libération. Il découvre le plaisir de courir pieds nus, de casser des termitières… Ce bonheur dure deux longues années.
En 1950, la famille rentre à Nice. Le Père vit ce retour en exilé. Il se sent mal, ne s’intègre pas à la société. Ce n’est plus qu’un survivant.
Le Clézio regrette de ne pas avoir su lui donner l’amour qu’il méritait, de pas l’avoir compris.
Un beau récit que l’on reçoit comme une confidence.
BIBLIOGRAPHIE
- Le Procès-verbal
(roman, 1963)

- La Fièvre (nouvelles, 1965)
- Le Déluge (roman, 1966)
- L'Extase matérielle (essai, 1967)
- Terra Amata (roman, 1967)
- Le Livre des fuites (roman, 1969)
- La Guerre (roman,1970)
- Les Géants (roman, 1973)
- Voyages de l'autre côté (nouvelles, 1975)

- Les Prophéties du Chilam Balam (version et présentation de Le Clézio (76)
- Vers les icebergs (essai, 1978)
- Mondo et autres histoires (nouvelles, 1978)
- L'Inconnu sur la Terre (essai, 1978)
- Voyage au pays des arbres (jeunesse, 1978)

- Désert (roman, 1980)

- Trois Villes saintes (essai, 1980)
- La Ronde et autres faits divers (nouvelles, 1982)
- Relation de Michoacan (version et présentation de Le Clézio, 1984)
- Le Chercheur d'or (roman, 1985)

- Voyage à Rodrigues (roman, 1986)
- Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue (essai, 1988)
- Printemps et autres saisons (nouvelles, 1989)
- Sirandanes (nouvelles, 1990)
- Onitsha (roman, 1991)
- Étoile errante (roman, 1992)
- Diego et Frida (biographie, 1993)
- La Quarantaine (roman, 1995)
- Poisson d'or (roman, 1997)
- Révolutions (roman, 2003)
- L'Africain (récit, 2004)
- Ourania (roman, 2005)
- Ritournelle de la faim (roman, 2008)

Prix et récompenses
Discours et conférences