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CONFERENCE PANAFRICAINE
CAFE DE ROME / Bd de la REPUBLIQUE
THEME : Quelle stratégie aujourd’hui, pour reconstruire la Maison Mère : l’Afrique ?
CONFERENCIER : M. DJIBRIL NGINGUE / DIASPORA AFRIQUE
Une minute de silence en la mémoire d’un illustre disparu, Sembène Ousmane, (le Ceddo, Cinéaste sénégalais de renommée mondiale rappelé à Dieu) à l’entame de cette conférence.
Puis une réflexion en vue d’une mobilisation pour la Renaissance Africaine, une union des africains, quel que soit le continent sur lequel ils sont nés, qui permettrait de faire revivre l’Afrique dans sa culture, sa civilisation, ses traditions et son économie. Cette réflexion serait née à la suite d’une interview accordée par le Professeur Cheikh Anta Diop à Monsieur Djibril Gningue, Directeur de la Revue Diaspora Afrique.
Le Professeur Cheikh Anta Diop estimait, dans cette interview, que l’Afrique n’était pas plus mal partie que les autres, qu’elle a certes eu à faire face à beaucoup d’impondérables mais il est indéniable qu’elle a des atouts en main qui lui permettront de s’en sortir. Concernant le Panafricanisme, il affirmait, péremptoire, qu’il faudrait miser non pas sur l’unité des états africains, mais sur la fédération des Peuples africains ; une union qui se ferait donc, de la base vers le sommet. Cette union, vitale, serait la seule viable.
Le passeport et la nationalité africaine réclamés à M. Amadou Moctar Mbow par une Antillaise _ Josépha_ ont été considérés comme un droit inaliénable, un symbole, une anticipation vers l’objectif ciblé par tous les panafricanistes. Et le Professeur Cheikh Anta d’appeler à la mobilisation générale de tous les nègres à travers le monde afin qu’ils reconstruisent la Maison Mère:l’Afrique.
Deux décennies après cette interview, où en sommes nous ? Presque à l’objectif de départ : rassembler, reconstruire…
La Diaspora et L’Afrique se font face, quasi impuissants face au désastre, se regardent en chiens de faïence puis étalent leurs griefs…A la bonne heure ! Mettre des mots sur le mal, l’extérioriser, afin de pouvoir le guérir !
La Diaspora Africaine semble accuser l’Afrique de la tenir à distance, de l’ignorer, alors « qu’elle tape inlassablement à la porte ». Elle ne se sens pas désirée, n’est jamais sollicitée par les dirigeants africains. D’aucuns, sur un registre plus intime, se sentent rejettés et sont choqués de voir qu’ils sont considérés sur la Terre de leurs Ancêtres, comme des « étrangers »…Etrangers certes à la culture car ne vivant pas sur le continent, ils se sentent cependant rattachés par le lien ombilical et expriment leur malaise.
Autre son de cloche venant de l’Afrique qui affirme « ne pas entendre d’appel » venant de la diaspora. Qui constitue cette diaspora ? Il n’y a pas d’éléments palpables. La jeunesse fuit l’Afrique à la recherche de richesses et de modernisme. Ils n’ont pas du tout envie de revenir. Voilà le constat amer. Si la Diaspora est aux portes de l’Afrique comme elle le dit, il faudrait qu’elle s’organise, qu’elle mette en place des stratégies, des paliers et que progressivement, elle puisse s’investir, avec les Africains, dans la reconstruction de l’Afrique.
Mais, construction ou reconstruction ? Clin d’œil fait au conférencier dans le choix des mots constituant le thème de la conférence. Prenant acte, il précise que l’unité culturelle a déjà existé. Ce serait donc une reconstruction, une renaissance de l’Afrique qui tiendrait compte de toutes les diversités culturelles de l’Afrique Noire et arabo- Berbère.
Reconstruction de l’Afrique donc, qui passerait d’abord par une analyse sans complaisance aucune de la situation laissée par le colonisateur qui a usé de méthodes infaillibles : la déstructuration des modes de consommation, de la culture et de l’économie. De nouvelles habitudes ont été adoptées, distillées par l’occident, créant une dépendance. Il faudrait diagnostiquer froidement l’étendue du mal et trouver des stratégies adéquates qui permettraient à l’Afrique de s’en sortir. Sur le plan agricole, force est de constater que, de réforme en réforme, au Sénégal, nous ne faisons que nous enfoncer. Sommes nous vraiment sur la bonne voie ? Des mécanismes ont été mis en place qu’il faudrait briser. Il en ressort qu’il faudrait presque, pour nous Africains « réinventer la roue ».
Pour reconstruire, il faudrait, dans le même ordre d’idées, redonner aux langues africaines leurs lettres de noblesse et la place qui était la leur. Une proposition a été faite allant dans le sens de l’enseignement de l’égyptien ancien ou du Copte, langues au rayonnement mondial pendant dix mille ans (de 10 000 à 500 avant J.C.). Une thèse tenterait de démontrer que l’égyptien ancien viendrait du wolof (langue parlée au Sénégal), qui serait aussi la langue Mère de beaucoup d’autres langues à travers le monde. Une perspective à creuser et à vulgariser dans les congrès, festivals et rencontres culturelles dont celle de l’ANAFA prévue à Dakar le 29/09/07
L’accent a été mis sur la diversité des langues et des ethnies africaines. Comment opter pour une langue fédératrice ? Toujours est il que certaines langues se sont imposées d’elles mêmes à l’échelle continental : le Swahili, le Lingala, le Peul… La réflexion se poursuit dans différentes instances. L’urgence consiste à produire des ouvrages de maths, de sciences et technologies diverses en ces différentes langues afin que les enfants africains aient accès au savoir dans leur langue maternelle. Ce serait un gain inestimable et il faudrait, pour ce faire, que les Politiques s’impliquent.
Pour clore cette conférence riche en contributions, l’appel de Dakar exhorte à :
· Participer à la décolonisation des consciences africaines
· Construire un pont entre l’Afrique et sa diaspora
· Rassembler l’Afrique des Peuples
Rendez vous est donné en Décembre pour une conférence populaire sur le même thème.
Dakar / le 22 septembre 2007