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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 18:57

 

 

 

Pour en savoir plus sur l'écrivain Boris Diop, consulter les articles qui lui sont consacrés sur le blog... Bonne lecture...

 

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"Une littérature de transition"

LE MONDE DES LIVRES | 15.04.10 |


L'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, qui veut "saisir toute l'ambiguïté culturelle", s'explique sur son choix d'avoir délaissé le français pour le wolof le temps d'un livre.

Pourquoi avoir écrit Les Petits de la guenon en wolof ? A 57 ans, c'était la première fois que vous n'écriviez pas en français... 

Boubacar Boris Diop : J'ai toujours eu envie d'écrire en wolof parce que je pense que nos langues devraient avoir leur chance. Comme l'a écrit Coetzee, "les Russes écrivent pour les Russes, les Français pour les Français, les Africains pour les étrangers". Or le wolof est parlé par des millions de gens, essentiellement au Sénégal, mais aussi en Gambie, et à travers la diaspora. Mais ceux qui aimeraient lire dans nos langues ne sont pas assez fortunés, alors que la plupart de nos intellectuels, qui ont les moyens d'acheter des livres, continuent de mépriser leurs langues maternelles ! A peine 20 % des ouvrages africains en français atteignent ainsi le marché du continent... Mais nous devons mener le combat comme Sisyphe !

 

DOOMI-GOLO.jpg

 

Y a-t-il eu un facteur décisif dans votre décision de changer de langue ? 

Je dirais, en bonne partie, le génocide rwandais. La haine de soi était à l'oeuvre, certes, mais la vieille culture coloniale y a été pour quelque chose. Et la France a joué un rôle indéniable, quasi-spectaculaire, du côté des génocidaires. Face à cette débâcle, le chic littéraire n'était plus possible. Car, au coeur du génocide, il y avait la question de la langue, la passion francophone. Le gouvernement français a collaboré avec les génocidaires, car - politiquement et culturellement - il s'est senti très menacé par le tropisme anglo-saxon du Front patriotique rwandais (FPR). Suite à cela, j'ai éprouvé une répulsion face à toute forme de domination culturelle et l'envie d'écrire en wolof est remontée en moi. Alors je me suis jeté à l'eau, comme on dit.

Avez-vous eu des moments d'hésitation ? 

Oui, bien sûr, j'ai eu des grands moments de doute, car ma formation d'écrivain est en français. C'est mon septième roman, mais j'ai dû l'écrire avec la mentalité d'un débutant, sans la maîtrise que confère l'expérience. Et c'était très pénible au début, ce passage en tant que romancier vers un autre univers linguistique, d'autres textures et couleurs. Mais, peu à peu, ma plume s'est installée dans cette langue mienne. Et je dois dire que, en fin de compte, c'est sans doute, de tous mes livres, celui que j'ai écrit avec le plus d'aisance. Des voix intérieures se sont élevées autour de moi, des voix de femmes surtout.

Pourquoi de femmes ? 

Les femmes dans mon pays vont moins à l'école, elles sont donc moins francophones, et elles parlent le wolof de façon magnifique. Mon père, par exemple, parlait beaucoup en français, et il en était très fier. Ma mère, elle, ne parlait qu'en wolof. De mon temps, le wolof n'était pas même enseigné à l'école ! Donc, en écrivant, je me suis mis à remonter le fil du temps, de ma généalogie intime, mais, simultanément, j'avançais dans le temps historique, littéraire.

Qu'est-ce qui vous a décidé à le traduire en français ? 

J'avais décidé en 2003 qu'il n'y aurait pas de traduction pendant plusieurs années. Je voulais que le roman se démène, qu'il affirme sa personnalité propre. Parce que, c'était franchement bizarre, dès que j'avais fini la version en wolof, tout le monde s'était mis à me demander quand je le publierais en français, "dans une vraie langue" quoi ! Mais ce n'est qu'en 2006, lorsque Toni Morrison m'a invité à lire un passage de Murambi au Louvre, que j'ai traduit également un passage de Doomi Golo. Alors j'ai été convaincu que le moment était venu.

Continuerez-vous d'écrire en français ? 

Oui, je n'ai jamais eu l'intention d'arrêter. Mais je voudrais saisir toute l'ambiguïté culturelle. Je conçois la littérature écrite dans les langues européennes par des Africains comme une littérature de transition. Certains Africains prennent une position plus radicale et rejettent entièrement la littérature "afro-européenne" comme non africaine. D'autres pensent que le français est un acquis de l'histoire, mais qu'il n'est en rien "notre ultime destin". D'autres encore pensent qu'il faut "mixer" les langues, créer un créole, mais, bon, là je crois qu'ils courent le risque d'écrire un français "bamboula". Il s'agit surtout de comprendre que chacun de ces choix porte en soi une responsabilité historique, morale et littéraire. Personnellement, je n'ai rien contre le français, mais je déteste le folklore, "le français de nos amis d'Afrique", avec l'horizon d'attente que cela suppose.

Certains de vos romans sont-ils particulièrement appréciés en Afrique ? 

Oui. Murambi, sur le Rwanda, est déjà lu dans les écoles, et Le Temps de Tamango est lu à l'université. J'ai par ailleurs constaté une certaine efflorescence sur notre continent de textes en langues africaines, grâce notamment à quelques vaillants éditeurs indépendants... Que Dieu les préserve !

 

 

 

 

 

 

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MARILOU GINGIMBRE - dans INTERVIEW
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L'ASSOCIATION DES AMIS DE LA NATURE DE L'UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ORGANISE UNE JOURNEE DE L'ENVIRONNEMENT LE MERCREDI 08 JUIN A L'UCAD.

 

PROGRAMME:

- EXPOSITION SUR L'OEUVRE DE MICHEL ADANSON

- CONFERENCE SUR LE THEME: LES PLANTES MEDICINALES, MYTHES, CROYANCES, VERTUS ET MEFAITS.

 

 

 

 

 

L'harmonie et la beauté d'un jardin résident dans la diversité de ses fleurs, couleurs et parfums. De la sorte, la beauté de l'humanité réside dans la diversité de ses peuples, de ses couleurs, de ses langues. Telle est la vision des artisans de la paix, pour qui les différences sont une nécessité de vie.


Cheikh Abdoulaye DIEYE ( International Sufi School)






Love will be a colour
Behind a small door
When heart knocks your soul
In love you may fall

Busard























" Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante et traumatisante, elle doit marquer son signe; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture."
Andrée Chédid





' Ecrire, c'est très dur, avec de grandes fenêtres de joie "
Andrée Chédid









" ALLER ME SUFFIT "
René CHAR






Sortie le 5 novembre du dernier livre de Dominique de Villepin: "Le dernier témoin", publié chez Plon.


Né d’une conversation de l’auteur avec le cinéaste Luc Besson, ce conte philosophique rapporte l’histoire du survivant d’un incendie planétaire : un arbre qui prend la parole pour transmettre l’histoire de ce qu’il a connu:

"La Terre a été ravagée par le feu. Tout, désormais, est recouvert de cendres et les rares êtres qui subsistent encore n'ont plus grand-chose d'humain.

Seul indice de la splendeur du monde passé, un arbre règne sur les vestiges d'une ville morte. Il est le dernier témoin de ce qu'a été l'humanité et, au milieu du silence, il prend la parole : dans ce monde perdu, il veut sauver ce qui peut encore l'être, et transmettre leur héritage à ces hommes qui n'en sont plus.

En racontant son incroyable destin - indissociable de l'histoire du monde -, l'arbre va tenter de faire comprendre au peuple de cendres ce qu'est la vie et lui rendre ainsi son humanité."

 

En savoir plus sur la bibliographie de l'écrivain DE VILLEPIN ?

Voir SVP article le concernant.










Mme Marie Louise SOCK vient de créer un blog pour l'entreprise " LES LAURIERS" : Management des écoles _ Conseil _ Formation des enseignants.

Si vous désirez le consulter, cliquez sur le lien ci dessous SVP.

   http://leslaurierscosultance.over-blog.com


                                        







Parution le 20 Aout 2009 du nouveau roman de Boubacar Boris Diop.


'Les Petits de la Guenon" est la version française "Doomi Goolo "  publié en 2003 par les éditions Papurus de Seydou Nourou Ndiaye. La version française est l'oeuvre des éditions Philippe Rey (France)

Vous trouverez dans ce blog trois articles sur l'écrivain Boubacar Boris Diop... Bonne lecture...












UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT LOUIS



 


CENTRE DE RECHERCHES ET DE DOCUMENTATION DU SENEGAL (CRDS)

 

INVITATION

 

 

La Directrice et le personnel du CRDS vous convient à la conférence sur « De l’actualité de la réflexion philosophique », animée par Monsieur Amadou Alpha SY, Ecrivain, professeur de philosophie Conseiller Pédagogique au Pôle de Formation de Saint-Louis.

 

Mercredi 3 juin 2009 à 15h 30

Lycée Ameth FALL

 

 

 

 

 

 Pont FAIDHERBE de Saint Louis


















 









AGENDA LITTERAIRE ET CULTUREL: Festival du conte à Gorée du 10 au 17 Mai

CF. Article

Cf. Programme sur Dakar et Gorée























 Quand le chant de l'oiseau perce dans le silence
Et que pèse sur lui un vide bien réel
Pleure son âme prise à l'étau de l'absence
Recherchant dans les trilles un petit coin de ciel
L'Oiseau
























 SPLEEN...

Parfums capiteux senteurs enivrantes

Images enfouies dans les replis de ma mémoire

Palimpseste

Sur ma table un Christ

Larmes de sang écarlates

Front pâle lèvres exsangues

Attente

Et le temps d’égrener son long chapelet d’ennui

Et le globe de valser

Et moi de tituber d’ivresse

Flirtant avec le vide

Et j’ai crié ton nom

Crié ma peur 

Tandis qu’hurlait l’écho !

 

Dis, sais tu la couleur du vent

Quand souffle le blues ?

LOU




















  " Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler."
Les Matinaux(1950)_ René Char




















   "Comment vivre sans inconnu devant soi?"
Fureur et Mystères(1948), Le poème pulvérisé_ René Char
















 " Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."
Les Matinaux(1950)_ René Char



















   Je n'ai pas peur, j'ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l'ennemi et moi. L'affronter horizontalement."
Feuilets d'Hypnos(1946)_ René Char




















"Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir."
Feuillets d'Hypnos(1946) René Char
















 " C'est bien la pire peine de ne savoir pourquoi, sans amour et sans haine, mon coeur a tant de peine".
Paul Verlaine











 La croisade des enfants

"Pourra t on un jour vivre sur la terre sans colère, sans mépris, sans chercher ailleurs qu'au fond de son coeur la réponse au mystère de la vie? Dans le ventre de l'univers des milliers d'étoiles naissent et meurent à chaque instant où l'homme apprend la guerre à ses enfants."
Jacques Higelin















" Acculmule puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile, la moins apparente."
René Char